On dit que les hommes des montagnes sont silencieux, bourrus, forts comme les millions d'années de sédiments qui se sont agglomérés, fossilisés, pétrifiés.
Tu es frêle et bavard comme un cabri des versants caillouteux et instables. Tu parles à chaque éclat qui dégringole, tu te laisses entraîner et tu retrouves — on ne sait où ni comment— ton centre de gravité.
Que m'importent tes excentricités d'ermite, que m'importent tes secrets. Je sais seulement que lorsque je viendrai, tu sourieras, de ce sourire qui me dit que je suis aimée.
à l'Homme des Montagnes
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
J'écoute Ravel, le concerto pour piano et orchestre, et je pense à toi.
J'écoute Debussy, clair de lune, et je pense à toi.
J'écoute Fauré, après un rêve, Sati, encore, Kodaly, sonate pour violoncelle seul, et je pense à toi.
Mais je n'écoute pas Bach.
Et je n'écoute pas Rachmaninov.
Je ne peux pas.
Le souvenir ne doit pas être trop imbriqué dans la chair.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun