chanson de la Seine

La Seine a de la chance
Elle n'a pas de soucis
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et elle sort de sa source
Tout doucement sans bruit
Et sans se faire de mousse
Sans sortir de son lit
Elle s'en va vers la mer
En passant par Paris
La Seine a de la chance
Elle n'a pas de soucis
Et quand elle se promène
Tout le long de ses quais
Avec sa belle robe verte
Et ses lumières dorées
Notre-Dame jalouse
Immobile et sévère
Du haut de toutes ses pierres
La regarde de travers
Mais la Seine s'en balance
Elle n'a pas de soucis
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et s'en va vers le Havre
Et s'en va vers la mer
En passant comme un rêve
Au milieu des mystères
Des misères de Paris.


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Jacques Prévert

Provenance du texte : Liste de l'éducation nationale

Référence : Etranges Etrangers et autres poèmes

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

le poisson géant

Nous voguâmes ainsi un certain nombre de jours et de nuits.

Nous quittions une mer pour entrer dans une autre, nous laissions un continent pour nous diriger vers un autre, nous nous éloignions d'une île pour aller vers une autre, et durant tout ce temps nous vendions, nous achetions, et parfois même faisions du troc.

Notre voyage était déjà bien avancé lorsque nous arrivâmes un beau jour en vue d'un île verdoyante, gracieuse, dont le sol plat était tout tapissé de gazon : on se serait cru aux jardins du Paradis.

Je fis tomber la grande voile et donnai ordre de plier la voile de misaine et de jeter l'ancre. Nous prîmes nos dispositions pour demeurer un temps sur le rivage de cette île.

Les marchands quittèrent le navire et allèrent se détendre en faisant quelques pas sur la rive ou en s'allongeant dans l'herbe. Certains d'entre eux construisirent un foyer, allumèrent du feu et firent dans un grand chaudron bouillir de l'eau afin d'y laver leurs vêtements.

D'autres voulurent se préparer un repas chaud. D'autres encore, ravis par l'état du gazon, s'assirent en groupe sans autre manière afin de déguster quelques nourritures froides, fort occupés à boire, à se réjouir, à jouer de divers instruments de musique, ou tout simplement à se reposer.

Pour moi, je fus du nombre de ceux qui choisir d'explorer les côtes de l'île.

Pendant que nous nous occupions ainsi à passer le temps, voici brusquement que le sol de l'île se met à bouger et à trembler. Le capitaine, qui se tenait debout sur le bord du navire, se prend à crier de sa voix la plus haute et nous interpelle en ces termes :

- Bonnes gens, ô passagers du navire, cherchez plutôt à sauver votre vie ! Rejoignez le bateau ! Faites vite ! Revenez à bord, laissez là tout ce qui vous occupe. Ne songez qu'à votre délivrance : épargnez à votre existence le risque d'une perte définitive ! Cette île sur laquelle vous vous trouvez n'est pas véritablement une île. C'est un poisson géant qui flotte à la surface des eaux! Il a dû rester longtemps immobile, des alluvions se sont accumulées sur son dos, et ces plantes que vous avez vues y ont poussé. Lorsque vous avez allumé le feu, il a senti la chaleur du foyer et s'est mis à bouger. Le voilà qui s'apprête à plonger avec vous jusqu'au fond de l'eau! Cherchez donc à sauver votre vie! Accourez tous sans attente, remontez vite à bord!

L'île, avec tous ceux qui se trouvaient dessus, ne tarda pas en effet à s'enfoncer, comme aspirée vers le fond de la mer.

Les uns se mirent à nager et purent ainsi atteindre le bateau. D'autres, moins heureux, se noyèrent.

Le navire quitta bientôt les lieux de la catastrophe et gagna le large, assailli par les vagues, brutalisé par les coups de boutoir qu'assenait l'océan houleux.


Type de document : journaux de bord

Auteur fictif : Dottore Pi

Auteur réel : Inconnu

Provenance du texte : Liste de l'éducation nationale

Référence : Sindbad le marin

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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