vous

VOUS

vous êtes réveillé/e à 6h45 avec l’horoscope. Vous n’avez pas entendu votre signe et vous l’avez regretté : vous ne saurez pas ce que vous réserve la journée. Vous n’avez pas eu envie d’écouter les informations et vous avez étendu votre bras pour éteindre la radio. Vous avez essayé d’approcher votre conjoint pour un câlin rapide mais de toute évidence l’envie n’était pas partagée. Vous attendrez ce soir en espérant que cette fois vous serez tous les deux dans l’humeur. A la masse, vous avez mis le café en marche, vous avez filé sous la douche, vous avez enfilé votre peignoir et vous avez aperçu derrière la porte votre choupette chérie, votre petite dernière. Vous l’avez prise dans vos bras et vous l’avez serrée très fort. Elle a glissé sa tête dans le creux de votre cou, comment résister. Elle a attrapé vos cheveux et vous a demandé où était Loula. Vous avez répondu que Loula était encore au lit. Elle vous a dit que non, que Loula n’était pas là. Vous avez rétorqué tranquillement qu’elle était sans doute aux toilettes ou dans la chambre de Tortue. Non, Fanfan insiste et dit qu’elle n’a pas vu Loula dans la maison. Elle commence à pleurer. Vous perdez patience, ces situations vous agacent et vous n’avez pas encore bu votre café. Alors un peu pour rassurer votre fille et un peu pour avoir la paix, vous entreprenez une fouille minutieuse de la maison. Vous appelez Loula comme si vous étiez en train de jouer à cache-cache. Votre conjoint vous demande d’arrêter de crier parce que vous allez ameuter tout le voisinage. Vous commencez à vous inquiéter, vous avez posé Fanfan et vous cherchez de plus en plus frénétiquement. Aucune trace de Loula. Vous sortez dans les escaliers de l’immeuble, dans la cour, dans la rue. Vous essayez de vous calmer. Perdre votre sang froid ne servira à rien. Vous remontez chez vous et vous appelez la

POLICE.


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Griot Atuéatwa

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

le poisson géant

Nous voguâmes ainsi un certain nombre de jours et de nuits.

Nous quittions une mer pour entrer dans une autre, nous laissions un continent pour nous diriger vers un autre, nous nous éloignions d'une île pour aller vers une autre, et durant tout ce temps nous vendions, nous achetions, et parfois même faisions du troc.

Notre voyage était déjà bien avancé lorsque nous arrivâmes un beau jour en vue d'un île verdoyante, gracieuse, dont le sol plat était tout tapissé de gazon : on se serait cru aux jardins du Paradis.

Je fis tomber la grande voile et donnai ordre de plier la voile de misaine et de jeter l'ancre. Nous prîmes nos dispositions pour demeurer un temps sur le rivage de cette île.

Les marchands quittèrent le navire et allèrent se détendre en faisant quelques pas sur la rive ou en s'allongeant dans l'herbe. Certains d'entre eux construisirent un foyer, allumèrent du feu et firent dans un grand chaudron bouillir de l'eau afin d'y laver leurs vêtements.

D'autres voulurent se préparer un repas chaud. D'autres encore, ravis par l'état du gazon, s'assirent en groupe sans autre manière afin de déguster quelques nourritures froides, fort occupés à boire, à se réjouir, à jouer de divers instruments de musique, ou tout simplement à se reposer.

Pour moi, je fus du nombre de ceux qui choisir d'explorer les côtes de l'île.

Pendant que nous nous occupions ainsi à passer le temps, voici brusquement que le sol de l'île se met à bouger et à trembler. Le capitaine, qui se tenait debout sur le bord du navire, se prend à crier de sa voix la plus haute et nous interpelle en ces termes :

- Bonnes gens, ô passagers du navire, cherchez plutôt à sauver votre vie ! Rejoignez le bateau ! Faites vite ! Revenez à bord, laissez là tout ce qui vous occupe. Ne songez qu'à votre délivrance : épargnez à votre existence le risque d'une perte définitive ! Cette île sur laquelle vous vous trouvez n'est pas véritablement une île. C'est un poisson géant qui flotte à la surface des eaux! Il a dû rester longtemps immobile, des alluvions se sont accumulées sur son dos, et ces plantes que vous avez vues y ont poussé. Lorsque vous avez allumé le feu, il a senti la chaleur du foyer et s'est mis à bouger. Le voilà qui s'apprête à plonger avec vous jusqu'au fond de l'eau! Cherchez donc à sauver votre vie! Accourez tous sans attente, remontez vite à bord!

L'île, avec tous ceux qui se trouvaient dessus, ne tarda pas en effet à s'enfoncer, comme aspirée vers le fond de la mer.

Les uns se mirent à nager et purent ainsi atteindre le bateau. D'autres, moins heureux, se noyèrent.

Le navire quitta bientôt les lieux de la catastrophe et gagna le large, assailli par les vagues, brutalisé par les coups de boutoir qu'assenait l'océan houleux.


Type de document : journaux de bord

Auteur fictif : Dottore Pi

Auteur réel : Inconnu

Provenance du texte : Liste de l'éducation nationale

Référence : Sindbad le marin

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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