voix I
se tait, comme elle se tait
voix II
continue ta ballade
voix I
ô l’exilée, l’abandonnée
Loula
Qui – dans ces limbes sans relief - m’appelle ?
Est-ce toi Capitaine ?
Qui – dans ces solitudes - m’exhorte à réciter ?
A peine ma propre veine...
voix I
parle l'insondée scande
voix II
scinde l'évocable
voix I
ils t’écouteront
voix II
ils t’écoutent
voix I
chante
Loula
J’ai quitté la ville pour ne plus divaguer
Ne plus braver mes fantaisies effondrées
voix I
crois-nous
voix II
reprends l’héroïque romance de la lettrée
Loula
moi l’illettrée
voix II
se tait
voix I
Elanceras-tu le silence ?
Loula
Etes-vous les voix mortes de mon odyssée ?
Type de document : chroniques de Kiméria
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Châtelet. Ligne 14. Météor. Il portait une veste de marin bleu marine avec des ancres rouges sur le revers du col. Il était beau. Il ressemblait à ce que Loula m'avait dit de P'tit Gars. Il me faisait penser à ces aventuriers du grand large qui parcourent les films des années 50. Orson Welles, oui voilà, Orson Welles dans "The lady from Shangai", exactement.
Pourquoi m'a-t-il plus effrayée que séduite en ce bref instant où nous nous sommes croisés, quand j'entrais dans la rame et qu'il attendait sur le quai ?
Peut-être à cause de Loula et de P'tit Gars justement. Peut-être à cause du quai. Je me méfie des quais. Des hommes sur les quais. Des "qui sait" et des "plus jamais". Des coups de foudre et des coups de trop. Des regrets truffés de promesses.
De toutes les façons, il ne m'a ni souri ni regardé. Et moi, je n'ai vu que ses ancres rouges sur la laine bleu foncé.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : 1