Comment sais-tu la douleur
Toi qui nais et meurs dans l'instant ?
Comment vis-tu le rêve
Toi qui traverses le temps mémoire fracassée?
Comment vois-tu l'avenir
Toi qui projettes le néant sans espoir de retour ?
Ors éclatés, pourpres enflammées, azurs safranés,
Croupes enfiévrées, nuques courbées, regards aimantés,
Nébuleuses volutes, nuées incandescentes, soleils brûlés,
Décor crayeux qui sculpte et fige les frontières,
Où est le chemin de convergence qui mène à la matrice ?
Type de document : chants du chœur
Auteur fictif : Le Chœur
Auteur réel : ERL
Provenance du texte : Participation
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Châtelet. Ligne 14. Météor. Il portait une veste de marin bleu marine avec des ancres rouges sur le revers du col. Il était beau. Il ressemblait à ce que Loula m'avait dit de P'tit Gars. Il me faisait penser à ces aventuriers du grand large qui parcourent les films des années 50. Orson Welles, oui voilà, Orson Welles dans "The lady from Shangai", exactement.
Pourquoi m'a-t-il plus effrayée que séduite en ce bref instant où nous nous sommes croisés, quand j'entrais dans la rame et qu'il attendait sur le quai ?
Peut-être à cause de Loula et de P'tit Gars justement. Peut-être à cause du quai. Je me méfie des quais. Des hommes sur les quais. Des "qui sait" et des "plus jamais". Des coups de foudre et des coups de trop. Des regrets truffés de promesses.
De toutes les façons, il ne m'a ni souri ni regardé. Et moi, je n'ai vu que ses ancres rouges sur la laine bleu foncé.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : 1