Le vide en écriture, c’est accepter de ne pas tout maîtriser, c’est laisser émerger des événements et des situations sans plan ni anticipation – l’anti structure figée. C’est aussi, bien sûr, attendre de s’informer, d’étudier, de lire, d’entendre, de vivre, de rencontrer ou plus simplement de comprendre. C’est le lâcher-prise le plus complet. Tout un art de l’abandon. Et une grande humilité : l’auteur/e n’est plus un démiurge mais un humble transcripteur, pas même un souffleur. Il faut être capable d’une foi bien douce : foi que l’univers apportera dans notre vie les éléments nécessaires à la construction du récit. D’ailleurs quand je déambule dans les rues à la recherche de mes notes pour mes carnets à élastique, il m’arrive toujours quelque chose de spécial.
Speziale.
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : 1
Une illusion : l'information.
Tout serait vu, su, réel, parce que tout serait montré.
Net, vrai, indubitable.
Une crédulité : ma croyance en l'information.
Parce que partout - de mille sources différentes - je vois un fait et un point de vue, je lui prête foi.
Un totalitarisme : la contamination de l'information.
Par phénomène d'amplification une image-pensée se propage.
Rumeur.
Une malhonnêteté : se croire omniscient.
Parce que tout le savoir et le non-savoir, tous les ouï-dire et tous les vu-faire, sont à la portée d'un clic et d'un regard perdu, penser avoir le droit de se faire une opinion.
Oublier la perspective.
Nier la distance.
Tuer le discernement.
Type de document : DJ's classes : classes générales
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun