Je reprends une de vos remarques. Je ne suis pas d'accord avec vous : non, les papiers dans la pochette de mon carnet noir ne sont pas des paperolles. Ce sont des oublis.
Mais - comme de coutume - ma contestation confirme votre intuition : les paperolles que Monsieur Proust ajoutaient à ses carnets pour compléter ses écrits annonçaient les procédés d'organisation au sein des espaces virtuels littéraires.
Comme des "remix", les paperolles viennent étoffer la narration. Ils réécrivent interminablement des épisodes du récit. En inventent des nouveaux. En détaillent des anciens.
Transformation / expansion permanente.
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Une illusion : l'information.
Tout serait vu, su, réel, parce que tout serait montré.
Net, vrai, indubitable.
Une crédulité : ma croyance en l'information.
Parce que partout - de mille sources différentes - je vois un fait et un point de vue, je lui prête foi.
Un totalitarisme : la contamination de l'information.
Par phénomène d'amplification une image-pensée se propage.
Rumeur.
Une malhonnêteté : se croire omniscient.
Parce que tout le savoir et le non-savoir, tous les ouï-dire et tous les vu-faire, sont à la portée d'un clic et d'un regard perdu, penser avoir le droit de se faire une opinion.
Oublier la perspective.
Nier la distance.
Tuer le discernement.
Type de document : DJ's classes : classes générales
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun