La petite fille en pyjama avec les nounours bleus et roses dort. Elle revoit la pierre plate, celle de la malchance, le vélo blanc, la photo de la grand-mère…
Puis, peu à peu, la photo de la grand-mère s'anime. Elle sort de la photo et monte sur le vélo blanc. Elle se lance à la poursuite de la petite fille. L'enfant court et repasse devant la terrasse du restaurant, elle tourne autour des réverbères avant de filer sur le Pont des Arts.
La grand-mère ricane toujours derrière elle. La petite arrive au milieu du pont. Elle veut sauter car la grand-mère gagne du terrain.
Plus de temps, elle saute et se réveille en sursaut.
Dans le pays des rêves, les Voyageurs font aussi des cauchemars.
Type de document : chants des petits griots
Auteur fictif : Griotin
Auteur réel : Marie Latoch
Provenance du texte : Ateliers scolaires
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Petit jeu :
J'imagine …
Des chercheurs d'un autre monde, observent Paris, l'étudient. Période : 2001-2002-2003-2004-2005. Et ils tirent les conclusions suivantes:
"Les Parisiens vouent un culte public et absolu à une déesse chimérique,
mi-léopard — mi-papillon — hermaphrodite — menthe religieuse — guenon au pagne d'or — Sainte Vierge en Assomption.
Suivant les saisons, elle invoque des rites commerciaux différents et convoque ses ouailles dans un temple en forme de galeries.
Son culte implique qu'on la consomme sous forme de petits œufs noirs de poissons, double héritage chrétien [symbole archaïque du christ, d'une part, et hostie, de l'autre].
En convolant dans l'allégresse avec un géronte, cette déité promet une vigueur sexuelle absolue à tous les hommes. Mais, paradoxalement, elle menace ceux qu'elle aguiche de deux longs pics pointus qui couvrent ses seins, révélant ainsi le tabou absolu du corps féminin qui est dénudé pour mieux être prohibé.
Ce culte semble emporter l'assentiment général car l'espace public dans son entier est voué - sans protestation ni soulèvement - à l'adoration de cette figure païenne ."
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun