le Seigneur des Anneaux

Le Seigneur des Anneaux. Les deux tours (2ème volet). Le jour de Noël. 2002.

La salle est pleine. Sur l'écran, une armée d'orques. Dans la salle une armée humaine. Transie. Tréssaillante. J'en fais partie. Je m'extraie de l'écran pour nous regarder.

Une émotion :

Ah, Monsieur Tolkien ! Quand les orques attaquent la forteresse par milliers, je pense au matin quand je me réveille, quand ma forteresse humaine est assaillie et que je dois sortir au combat.

Contre moi-même.
Contre mes monstres.
Mes chars. Mes pensées.
Mon mal qui me ronge.
Mon anneau.
Mon Gollum.
Moi aussi avec Monsieur Frodon, je veux croire que Smeagall peut reprendre le pouvoir ;
Moi aussi, pauvre Gollum, je veux croire que je peux échapper à l'emprise du mal ;
Moi aussi, comme Gandalf le Gris, je suis tombée dans le ventre de l'enfer et, dans ma longue chute, je me bats pour traverser toute l'histoire humaine et ressusciter en un être de lumière, blanc, fort et audacieux. Lutter, espérer, combattre, vaincre par un miracle qui me dépasserait.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

déesse chimère

Petit jeu :
J'imagine …

Des chercheurs d'un autre monde, observent Paris, l'étudient. Période : 2001-2002-2003-2004-2005. Et ils tirent les conclusions suivantes:

"Les Parisiens vouent un culte public et absolu à une déesse chimérique,
mi-léopard — mi-papillon — hermaphrodite — menthe religieuse — guenon au pagne d'or — Sainte Vierge en Assomption.

Suivant les saisons, elle invoque des rites commerciaux différents et convoque ses ouailles dans un temple en forme de galeries.

Son culte implique qu'on la consomme sous forme de petits œufs noirs de poissons, double héritage chrétien [symbole archaïque du christ, d'une part, et hostie, de l'autre].

En convolant dans l'allégresse avec un géronte, cette déité promet une vigueur sexuelle absolue à tous les hommes. Mais, paradoxalement, elle menace ceux qu'elle aguiche de deux longs pics pointus qui couvrent ses seins, révélant ainsi le tabou absolu du corps féminin qui est dénudé pour mieux être prohibé.

Ce culte semble emporter l'assentiment général car l'espace public dans son entier est voué - sans protestation ni soulèvement - à l'adoration de cette figure païenne ."


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

.