Complainte des femmes de la ville en l’an deux mille :
Que sont les hommes devenus,
Les avons-nous vraiment perdus ?
Faudrait-il croire que c’est fini
Pour nous les femmes d’aujourd’hui ?
Que le modèle des hétéros
Ne marche plus, qu’il est zéro ?
Dans cette grande révolution
On a laissé notre passion
On bosse on trime on se démène
Pour trinquer seule en fin d’semaine
La gym, le taf et les enfants
Les courses, la bouffe : y’a plus d’bon temps
En plus faudrait qu’on reste belle
Et jeune et mince et pas rebelle
Qu’on soit toujours sur la sellette
Qu’on rit, qu’on cause qu’on soit pas bête
Et vous messieurs vous n’avez plus
Qu’à vous servir d’not’joli ...
Et vous messieurs vous n’avez plus
Qu’à vous servir d’not’joli …
Que sont les hommes devenus,
Les avons-nous vraiment perdus ?
Que sont les hommes devenus,
Les avons-nous vraiment perdus ?
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Griotte
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Un Topos est une spatialité textuelle "élémentaire".
"Elémentaire" comme le feu, la terre, l’air ou l’eau.
"Elémentaire" comme le langage ou le son.
Les réseaux qui constituent un Topos ne sont pas des plateaux : la topographie d'un Topos dépasse les trois dimensions. Le terme de plateau serait géométriquement réducteur.
Ces réseaux sont inachèvement, motricité, "mouvements élémentaires". A l’image des flammes du feu, des vents aériens, des vagues de l’océan ou – plus précisément encore - des dunes de sable.
Ces réseaux-dunes [rézodunes] se forment à partir de courants, de perspectives infinies de signifiance : des thèmes, des champs sémantiques, des associations évocatrices, des constructions syntaxiques, des sonorités, des rythmes, des images, des jeux de transcription numériques et mathématiques, des tonalités et des styles, des lignes narratives, des contraintes, des couleurs etc.
Comme les dunes de sables, les rézodunes se déplacent, emportés par leurs courants pour former de nouvelles configurations à partir d'un même sable. "Même sable" car son expansion ne l'altère pas, elle le régénère.
On peut comparer ces courants aux "lignes de fuite" décrites par Monsieur Deleuze dans les procédés rhizomatiques de "déterritorialisation" et de "reterritorialisation". Mais, plus simplement et justement, il serait intéressant de les rapprocher du mécanisme de "fugue" dans l’épopée traditionnelle.
Il arrive que les critères de perspectives propres à certains rézodunes s’infiltrent, modifiés et secondaires, dans d’autres rézodunes.
Ce processus est progressif, presque vivant. Il prend place dans le temps de la constitution d'un Topos. Dans sa progression. Dans l'émergence de ses différentes représentations variables. Dans la création chronologique de ses éléments.
Les courants sont la force [au sens des sciences physiques] du remix.
Il est également possible de les comparer au procédé d’anamorphose.
Toutefois, le rézodune est un phénomène, une animation. Il ne décrit pas la constitution d'un Topos qui serait idéalement symbolisé par le mycélium.
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun