Rue Saint Louis en l'Ile.
Trottoir sud.
Une araignée gambade. Une notable, on ne peut pas s'y tromper. Ni princière ni royale. Bourgeoise. Un peu grasse sur ses pattes - huit. On pourrait croire qu'elle a un plastron et des bretelles. Elle est chez elle et franchement, elle prend autant de place que n'importe quel passant.
Je lui parle : "Bonjour, madame l'araignée."
Les gens se retournent.
Une frisée qui parle avec une araignée près de l'Ile de la Cité. Quelle insanité !
Je relate la scène à un ami voyageur, nom de code : Dottore Pi, en ajoutant : "je l'ai appelée madame, pourtant de toute évidence, c'était un monsieur."
"Certainement pas!" m'a-t-il corrigé. "Telle que vous me l'avez décrite, il s'agit d'une Epeire diadème. Et de cette taille-là, c'est nécessairement une femelle. Les mâles sont vingt fois plus petits. D'ailleurs ils ne finissent pas bien les pauvres."
"Ecrasés ?"
"Non. mangés".
Madame l'épeire diadème venait sans doute de terminer son dîner…
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Perdre un potlatch pour un DJ, c'est généralement perdre sa vie. Non pas la vie, mais sa vie à soi. Son identité, son passé, ses souvenirs, son savoir. Devenir une construction de l'Ordre. Total recall cauchemar.
C'est pourquoi, pour nous, perdre un potlatch n'est pas une option.
Peut-être est-ce là notre seul réel avantage.
Type de document : DJ's classes : l'art potlatch
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : Total Recall
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun