j'avance

J’avance. Je ne peux pas reculer. Il n’y a que l’avant, jamais d’arrière. Impossible de me retourner. Le concept même de retour ou de passé est inaccessible. Ceux d’ici l’ignorent. Comment pourraient-ils concevoir l’inconcevable.

Peut-on seulement parler de temps dans cet espace absolument linéaire où l’on est insondablement poussé en avant ?

L’arrêt et le mouvement sont les deux positions.
L’ici et l’ailleurs.
Les lignes avancent parallèles sans jamais se toucher.
Parfois une mutation, une rupture, un saut, une fissure, un effondrement, une aspiration. Pour se retrouver à côté, ni au-dessus ni en dessous, mais toujours plus loin.

Le cheminement se fait côte-à-côte sans se heurter, puis l’on se perd.

Seul le point de fuite, devant. Pas de tectonique. Pas d’axonométrie.
Des simultanéités qui s’ignorent.

Lieu de l’oubli et de l’ignorance. De la solitude et de l’espoir : « plus loin peut-être, je me souviendrai. »

Lieu de promesse : « plus loin peut-être, je serai ici et alors naîtra brièvement l’idée du passé. »


Type de document : journaux de bord

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

> changer les liens

on peut

A Bercy,
au Printemps de la Démocratie,
en juin 2005,
quand on se promène entre les stands,

on peut faire réparer son vélo,
aller écouter chanter l'opéra au bord du canal,
faire de la broderie avec des africaines,
recycler les déchets,
apprendre la composition de son eau,
faire du roller avec des handicapés,
voir un film fait par de très beaux gosses,
rencontrer des hommes à queue de cheval,
tous types de queues de cheval,

et plein d'autres choses encore
que je ne peux plus écrire sur la feuille
parce qu'il n'y a plus de place.

Alors, j'arrête.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Fanfan

Auteur réel : Carlota

Provenance du texte : Printemps de la Démocratie

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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