mon pancho

Je prends mon pancho en laine brute - acheté à Chilœ, un jour de Llovizna, entre deux enlacements - il porte encore toujours à jamais l'odeur de la pluie fine et diluvienne, l'image du port où je me suis abritée, la sensation [première fois] de mon ventre qui explose sous la force du désir, le froid des barreaux du petit lit dans la chambre [nue] et le froid des carreaux de la douche commune de cette pension du bord de mer gardée par une veuve [joyeuse], la fumée du restaurant avec cette boule de discothèque où, à l'arrière-salle, je t'ai appelé pour qu'encore une fois tu me dises [pour rien] que tu m'aimes.

Et depuis quoi ? Deux semaines ? Je l'ai sorti de ma mémoire [le pancho] et je l'ai déposé sur mon lit [un futon à terre dont j'ai cassé l'armature de bois noir au marteau pour évacuer la colère conjugale résiduelle] sur le plaid jaune acquis en ces temps facheux d'un mariage faustien.
[total remix]
[déco rococo]
[superposition]
[cadavre exquis]
de ma mémoire !
de ma mémoire !


Type de document : carnets personnels

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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repas improvisé

Un jour, on a improvisé un repas de quartier.

C'était incroyable.

On est venu avec un camion.

Hop, ça a déchargé.
On a monté les barbecues.
On avait aucune autorisation.
On a bloqué une rue.

Paf, y'a eu 300 personnes !

Et quand on a démonté,
ça s'est fait en une demi-heure.
Parce que tout le monde a mis la main à la pâte.

Et ça s'est passé dans une ambiance formidable.

… bon…
c'est parti en sucette
quand les flics ont voulu interpeller quelqu'un.
Tout le monde s'y est mis.
Mais c'est comme ça dans le quartier…


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Griotin

Auteur réel : anonyme

Provenance du texte : Printemps de la Démocratie

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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