j'avance

J’avance. Je ne peux pas reculer. Il n’y a que l’avant, jamais d’arrière. Impossible de me retourner. Le concept même de retour ou de passé est inaccessible. Ceux d’ici l’ignorent. Comment pourraient-ils concevoir l’inconcevable.

Peut-on seulement parler de temps dans cet espace absolument linéaire où l’on est insondablement poussé en avant ?

L’arrêt et le mouvement sont les deux positions.
L’ici et l’ailleurs.
Les lignes avancent parallèles sans jamais se toucher.
Parfois une mutation, une rupture, un saut, une fissure, un effondrement, une aspiration. Pour se retrouver à côté, ni au-dessus ni en dessous, mais toujours plus loin.

Le cheminement se fait côte-à-côte sans se heurter, puis l’on se perd.

Seul le point de fuite, devant. Pas de tectonique. Pas d’axonométrie.
Des simultanéités qui s’ignorent.

Lieu de l’oubli et de l’ignorance. De la solitude et de l’espoir : « plus loin peut-être, je me souviendrai. »

Lieu de promesse : « plus loin peut-être, je serai ici et alors naîtra brièvement l’idée du passé. »


Type de document : journaux de bord

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

> changer les liens

pastèque et marionnettes

12 juin 2005
Angle du Boulevard Ney et de l'Avenue de la Porte Montmartre
18ème arrondissement


Je suis à côté d'un stand de fabrication de marionnettes géantes.
Il y en a deux qui font à peu près 2m50 de haut.
Il y a de la pastèque aussi.
Et le marché.
Je ne sais plus très bien où je suis. Dans quel univers. Dans quelle réalité.


Type de document : carnets du jeu

Auteur fictif : R-dj

Auteur réel : Rémy Romeder

Provenance du texte : Printemps de la Démocratie

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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