Le Neuvième fourmille d'histoires, de gens célèbres.
Allan Kardec, est-ce que vous savez qui est Allan Kardec ? Vous ne savez pas…
Le maître spirite, pas spirituel, spirite, qui a écrit Le Grand Livre des Esprits. C'est une croyance qui a beaucoup pris au Brésil et dans les îles. Et de nombreux touristes brésiliens viennent ici. Ils savent que Kardec a habité Rue des Martyrs. Justement dans mon immeuble.
C'est amusant parce que les touristes s'arrêtent devant chez moi et regardent.
Avant de savoir pour Kardec, je me suis demandé souvent pourquoi ils photographiaient la façade, surtout que l'immeuble n'avait pas été ravalé, c'était vraiment très moche. Jusqu'au moment où j'ai compris que c'était un lieu de pèlerinage pour eux. En fait, il a écrit son livre au 8 rue des Martyrs.
J'ai reçu une lettre, un jour, qui demandait l'autorisation de poser une plaque sur l'immeuble. J'ai donné mon accord au nom du syndic mais voilà-t-y-pas que l'Union des Rationalistes a fait sauté une petite bombinette sur sa tombe au Père Lachaise. Et du coup, le projet de la plaque a été oublié.
Kardec était dans l'immeuble cour. Moi je suis dans l'immeuble rue.
Dans le temps d'ailleurs, cet immeuble rue, c'était un petit bordel qui s'appelait le Grand Huit.
Et regardez : quand vous imaginez que là, là, là il y avait trois brasseries énormes jusqu'à la guerre de 14. Des grands cafés comme vous les voyez dans les peintures de Manet ou de Renoir. C'était la seule montée pour aller au Moulin de la Galette. Forcément plein de vie.
Et oui, que d'images en 60 ans de Neuvième.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Anonyme
Auteur réel : Brigitte
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Grande scène noire dans la cour du Palais-Royal au-dessus des plots de Buren. Répétition [ cacophonie ? ] : violon électrique dominant. Mal, j’ai mal. Et les gens assis, émerveillés, enchantés; "voler quelques notes de musique". Tout est bon à prendre tant qu’c’est gratuit. MAIS ARRÊTEZ CE VIOLON-PIQUEUR [ famille marteau-piqueur ] !
Les flics passent en VTT, déjà hier aux Halles j’avais vu une patrouille à rollers … l’eau sous les grilles, odeur de vacances, chlore des piscines d’hôtel.
Maintenant une contrebasse. mais qu’il est mauvais, leur ingénieur du son ! Faites-le exécuter tout de suite ! Qu’on réhabilite la peine de mort illico. Je veux ses oreilles sur un plateau ! Et celles des musiciens et celles du compositeur et celles du producteur !
Soudain, oui ! Je comprends : c’est du jazz ! Alternative ? Free? Contemporain ? Expérimental ? Mon Dieu tout-puissant ! Epargnez-moi le jazz ! Je sais qu’au paradis on a mangé le fruit interdit mais, tout d’même ! Depuis l’temps ! Faut pardonner ! Même la rancune a des limites. Par pitié ! Eliminez le jazz de la surface sonore terrestre…
OH NON!C’EST PAS VRAI !ils s’mettent à chanter maintenant!!! Pourquoi ?
Pourquoi ?
Pourquoi ?
C’est la fête de la musique ?
M’en direz tant…
… Ouf ! me suis échappée ! Avenue de l’Opéra, des sirènes, des klaxons, des gaz, des ZOTOS, pleins DOTOS mais pas de JAZZ.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun