Je sais, voilà tout, je sais.
Je sais que tu m'embrasseras.
J'ignore si ta main sera forte ou douce, tes lèvres rêveuses ou avides mais je sais que tu m'embrasseras.
Je pourrais le refuser, dès à présent m'en retourner.
Je pourrais le provoquer.
Mais je n'en ferai rien.
Je te laisserai venir, décider, étendre ta peau vers la mienne, me vouloir et me conquérir.
De toutes les façons, tu m'embrasseras.
C'est écrit dans ton visage et je sais le lire.
C'est écrit depuis avant moi, depuis avant même l'idée de moi.
Je l'ai vu quand je t'ai vu, avant que tu ne me voies.
Qu'y faire ?
Je l'ai redouté aussi.
Que faire ?
Que faire, dis-moi, quand on voit ce qui sera et quand on ignore si c'est pour le meilleur ou pour le pire.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
La rêverie des objets décrite par Monsieur Bachelard parmi tant d’autres rêveries (de la pensée, de la volonté, de l’enfance, du mot, du cosmos) est génératrice d’une poésie de l’anodin, poésie simple et urbaine (streetwriting).
Il faut partir de cette amitié avec les choses, vantée par ce magnificateur de la substance, pour atteindre la rêverie du mot qui transforme le familier et le quotidien en textualité : le poète est un maître de l’attention.
[l’attention étant l’expression masculine et active de l’attitude féminine de contemplation.]
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun