Cette nuit, dans mon rêve, dans un tissu de coton blanc, pas vraiment un torchon, on me donnait des olives noires, petites, fermes, aux formes purement baroques, avec feuilles et rameaux... J'en goûtais une et j'en étais transportée d'extase. Toute la saveur du Sud, de la Méditerranée, de la Toscane. Que j'avais oubliée, reléguée. Une bouffée de nostalgie. Un appel.
Tentez-vous de me ramener à vous, mon ami ? Est-ce vous qui infiltrez mes rêves ? Je ne viendrai pas. Pas encore. J'ai besoin d'un peu de temps. Vous le savez, les Cimmériens aiment le temps qui passe. Ils résistent à l'envie de l'arrêter sans cesse. Ils ont besoin de traverser. Sans trêve. Toujours plus loin. Pour recommencer sans cesse. Recommencer toujours.
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
La rêverie des objets décrite par Monsieur Bachelard parmi tant d’autres rêveries (de la pensée, de la volonté, de l’enfance, du mot, du cosmos) est génératrice d’une poésie de l’anodin, poésie simple et urbaine (streetwriting).
Il faut partir de cette amitié avec les choses, vantée par ce magnificateur de la substance, pour atteindre la rêverie du mot qui transforme le familier et le quotidien en textualité : le poète est un maître de l’attention.
[l’attention étant l’expression masculine et active de l’attitude féminine de contemplation.]
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun