chanteclerc

Cette pomme a un air sauvage, baroque. Perle-pomme irrégulière. Quand on la croque son goût échappe. Le morceau de chair se dérobe. Consistant et fuyant. Pour mieux s'engouffrer et nous appartenir.

Faut-il la mâcher ? L'avaler ? La rejeter ? La sucer et la vider de son jus jusqu'à ce qu'elle ramolisse et se dissipe ? Tant de questions irrésolues se posent que je ne peux la terminer. Je la jette. Elle m'a rassasié.

Alors que, dans la même série (golden), les petites pommes insipides conditionnées sous cellophane par 1-1,5-2 kilogrammes - des vraies pommes de terre - ne provoquent aucune surprise, n'interrogent en rien les sens, simulent une mastication automatique, détachée, ininterrompue, un broyage que rien n'arrête. Et les pommes peuvent s'enfiler comme les kilomètres sous un train ou les billes d'un rosaire tibétain (mala).

Ma première Chanteclerc. Une espèce ressuscitée.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

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la mousse du café

La mousse du café dans la tasse est suave, généreuse, sensuelle. Une couleur caramel plus que moka. Quatre taches plus claires apportent une note impressioniste. Un vrai délice du regard. Amplifié quand je me souviens du goût du "mysore" bu hier en dégustation. Décuplé quand j'imagine qu'aujourd'hui, depuis ma machine personnelle, je l'ai dosé à mon plaisir. Ruiné quand je pense au prix du matériel, de son entretien, des capsules. Expresso maison.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

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