Pouvoir aller partout vite et aisément, c’est n'être nulle part.
J’ai vécu dans tant de lieux, j’ai vu tant de terres que les paysages ont fusionné et plus rien n’est consistant. L’Equateur, l’Australie, la Californie, les Vosges, les Alpes, la Toscane, Kiméria... je ne sais plus ... je ne sais plus . Le seul espace que je connaisse avec certitude est celui de mon écriture. Pas même celui de ma parole ou de ma pensée. Hors du graphe, je vis dans la contemplation absolue d’un flou total (principe d’incertitude).
Envisagez-vous les séquelles de cette attitude dans mon lien à l’autre, dans mon lien à vous?
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : Sénèque (lettre II à Lucilius)
Commentaires : aucun
Textes satellites : 1
"Pour une fois", me suis-je dit, "pour une fois, tu devrais trouver dans cette rencontre de l'abîme, dans cette presque abysse, dans ce libre faux prétexte au voyage et à l'amour, des motivations qui te ressemblent." Et j'ai guetté vaillamment chaque sursaut de phrase et de paragraphe. Mais non. Toujours rien en vue. Pas de terre de connivence entre les passagers du 36 mètres et moi : même dans la quête du Marin de Gibraltar, je ne me reconnais pas. Ah! Mme Duras … pourquoi tant de distance entre vos perspectives et les miennes ? Je vous aime tellement, pourtant."
A Marguerite Duras
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun