J’avance. Je ne peux pas reculer. Il n’y a que l’avant, jamais d’arrière. Impossible de me retourner. Le concept même de retour ou de passé est inaccessible. Ceux d’ici l’ignorent. Comment pourraient-ils concevoir l’inconcevable.
Peut-on seulement parler de temps dans cet espace absolument linéaire où l’on est insondablement poussé en avant ?
L’arrêt et le mouvement sont les deux positions.
L’ici et l’ailleurs.
Les lignes avancent parallèles sans jamais se toucher.
Parfois une mutation, une rupture, un saut, une fissure, un effondrement, une aspiration. Pour se retrouver à côté, ni au-dessus ni en dessous, mais toujours plus loin.
Le cheminement se fait côte-à-côte sans se heurter, puis l’on se perd.
Seul le point de fuite, devant. Pas de tectonique. Pas d’axonométrie.
Des simultanéités qui s’ignorent.
Lieu de l’oubli et de l’ignorance. De la solitude et de l’espoir : « plus loin peut-être, je me souviendrai. »
Lieu de promesse : « plus loin peut-être, je serai ici et alors naîtra brièvement l’idée du passé. »
Type de document : journaux de bord
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Fêtes baroques ? Fêtes de cour somptueuses et insouciantes : théâtre du monde : l’art comme univers : la vie comme œuvre d’art totale : [ Calderòn, la vie est un songe ][ si la vie est un songe, la mort est un mensonge ] : "memento mori" : "souviens-toi que tu es mortel/le" : angoisse d’exister : "non plutôt oublie-le" : angoisse de crever : rave party [(le)rêve (est) parti ] : musique industrielle et techno pride : mais où est l’autre ? où est l’autre ? mais où est l’autre ? où est l’autre ? mais où est l’autre ? où ...
(quand le baroque brille et brûle)
Type de document : notes et travaux
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : La Vida es sueno, Calderon
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun