Il était là, allongé sur le dos, le nez en l'air, quand il vit un spectacle magnifique : le disque de la lune, entier, parfaitement rond, était haut dans le ciel et devant lui passait un grand oiseau. Son vol faisait que sa silhouette ne dépassait pas le cercle de la lune et qu'il paraissait en venir. L'oiseau était très noir sur ce fond clair et ses ailes s'étendaient d'un bord du disque à l'autre. Il volait si régulièrement qu'on l'aurait dit dessiné sur le disque. Son corps était petit, son cou long et mince, ses jambes pendaient, longues et frêles. Ce ne pouvait être qu'une cigogne.
Quelques instants plus tard, M. Ermenrich, la cigogne, se posa à côté de lui. Il se pencha au-dessus du garçon et le poussa du bec pour le réveiller.
Le garçon fut vite debout.
"Je ne dors pas, monsieur Ermenrich, dit-il. Comment se fait-il que vous soyez dehors en pleine nuit? Et comment ça se passe à Glimmingehus? Voulez-vous discuter avec mère Akka?"
"La nuit est trop claire pour dormir, répondit M. Ermenrich. C'est pourquoi j'ai décidé de venir te voir, mon ami Poucet. Un goéland cendré m'a appris que tu te trouvais ici, sur l'îlot de Karl, cette nuit. Je n'ai pas encore emménagé à Glimmingehus, j'habite toujours en Poméranie."
Que M. Ermenrich soit venu le voir rendit le garçon incroyablement heureux. Comme de vieux amis, ils parlèrent de choses et d'autres. Pour finir, la cigogne demanda au garçon s'il n'avait pas envie d'aller se promener en l'air par cette nuit splendide.
Bien sûr que le garçon en avait envie, pourvu seulement que la cigogne veillât à être de retour auprès des oies sauvages avant le lever du soleil. Elle le promit, et les voilà partis!
Une nouvelle fois M. Ermenrich se dirigea droit sur la lune. Ils montèrent et montèrent et la mer s'éloignait au dessus d'eux, mais le vol se faisait avec une telle aisance qu'on aurait dit qu'ils restaient immobiles en l'air.
Le garçon avait l'impression de ne pas avoir volé longtemps quand M. Ermenrich descendit pour atterrir.
Ils se posèrent sur une plage déserte couverte de sable fin.
Type de document : chroniques de Kiméria
Auteur fictif : R-dj
Auteur réel : Selma Lagerlöf
Provenance du texte : Liste de l'éducation nationale
Référence : Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
RECHERCHE DANS : NET LIBRE FRANCOPHONE
OBJET : SECTEUR 75.00.1
TYPE DE RECHERCHE : EXTRAITS ALEATOIRES – MAXIMUM 700 CARACTERES - LITTERATURE
PERIODE EREL : 1700-1930
Mme Cradock:
Puis nous avons suivi la rue Saint-Honoré, longue et large rue qui serait parfaite s’il y avait des trottoirs pour les piétons. Elle est bordée de beaux magasins de tous genres. M.Cradock m’ayant rejointe, nous allâmes à Saint-Roch, belle église dont les chapelles latérales sont ornées de tableaux remarquables. De là, revenant par les Tuileries, nous nous sommes arrêtés pour admirer Le Faune de Bouchardon, statue d’une juste réputation. En sortant des Tuileries, la poussière nous décida à prendre le bac.
Michelet:
Les beaux parleurs du Palais Royal passèrent le temps à dresser une liste de proscriptions, à juger à mort la Reine, la Polignac, Artois, le prévôt de Flesselles, d’autres encore. Les noms des vainqueurs de la Bastille n’offrent pas un seul des faiseurs de motion. Le Palais Royal ne fut pas le point de départ, et ce ne fut pas non plus au Palais Royal que les vainqueurs ramenèrent les dépouilles et les prisonniers.
Zola:
Elles (les grande Halles) se solidifiaient d’un gris verdâtre, plus géantes encore, avec leur mâture prodigieuse, supportant les nappes sans fin de leurs toits. Elles entassaient leurs masses géométriques ; et, quand toutes les clartés intérieures furent éteintes, qu’elles baignèrent dans le jour levant, carrées, uniformes, elles apparurent comme une machine moderne, hors de toute mesure, quelque machine à vapeur, quelque chaudière destinée à la digestion d’un peuple, gigantesque ventre de métal, boulonné, rivé, fait de bois, de verre et de fonte, d’une élégance et d’une puissance de moteur mécanique, fonctionnant là, avec la chaleur du chauffage, l’étourdissement, le branle furieux des roues.
Colette:
Le lieu de rendez-vous est ancien, beau, respecté. La rareté des passants rend lisible, aère ce carrefour qui accède à un théâtre célèbre, à un jardin, un palais qui furent royaux. Le Louvre et ses plates-bandes, Rivoli et ses arcades, la Bourse et la Banque libèrent à midi le flot limité d’une foule laborieuse, qui prend en moins de deux heures son repas et sa récréation. Il me paraît bien qu’elle se soucie, encore plus qu’autrefois, de l’une au détriment de l’autre.
Type de document : notes et travaux
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun