25 symboles

La Bibliothécaire de Babel a transgressé le deuxième axiome de la bibliothèque...
Elle a rajouté aux 25 symboles orthographiques, le point d'interrogation et le point d'exclamation.
La bibliothécaire n'est plus une bibliothécaire. Elle innove, elle intervient, elle crée.
Elle me l'a révélé en silence, me tendant quelques livres cachés dans une seconde rangée au fond des étagères, rangée que personne ne consulte à la bibliothèque de Babel.
Tant de livres, tant.
Qui irait regarder derrière ?
Je ne pouvais même pas lui poser la question car la scène s'est déroulée dans le silence qu'impose la transgression.
Mais : comment a-t-elle eu l'idée, le besoin, d'inventer le point d'interrogation et le point d'exclamation ?
Peut-être est-elle une voyageuse.
Peut-être est-elle allée sur Erel, dans Numer. Peut-être a-t-elle arpenté la terre des rêves …
Car seuls les voyageurs peuvent entrer et sortir de cette contrée construite comme une tour qui n'a ni porte ni fenêtre.
On sait qu'il existe quelques voyageurs kimériens…
Il faudra bien que je lui pose la question.
Elle a inventé le point d'exclamation, mais connaît-elle le mot question ?


Type de document : journaux de bord

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Référence : La Bibliothèque de Babel, Borges

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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comme le Romancero

Comme le Romancero, le Récit Variable est traversé de mille thèmes, propose — dans un étrange effet kaléidoscopique — différentes versions d’un même incident, s’offre à chacun telle une matière première à triturer et à s’approprier.

Et surtout, comme le Romancero, le Récit Variable fragmente la narration en épisodes, refuse de dérouler une intrigue, réside en suspens dans la hauteur de l’évènement pris sur le moment et non dans sa continuité.

Cette esthétique du sommet et du fragment — ou plutôt du segment — est fondamentale dans le récit variable. Le récit variable ne raconte rien. Il sème des moments anodins qui s’insèrent dans des intrigues, lesquelles ne sont jamais complètement relatées. A force de déambulations et d’imagination, le lecteur peut, à la rigueur, les retracer. Mais est-ce bien nécessaire ? L’intrigue n’est-elle pas que le prétexte à la lecture ?


Type de document : DJ's classes : récits variables

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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