On dit que les hommes des montagnes sont silencieux, bourrus, forts comme les millions d'années de sédiments qui se sont agglomérés, fossilisés, pétrifiés.
Tu es frêle et bavard comme un cabri des versants caillouteux et instables. Tu parles à chaque éclat qui dégringole, tu te laisses entraîner et tu retrouves — on ne sait où ni comment— ton centre de gravité.
Que m'importent tes excentricités d'ermite, que m'importent tes secrets. Je sais seulement que lorsque je viendrai, tu sourieras, de ce sourire qui me dit que je suis aimée.
à l'Homme des Montagnes
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Comme le Romancero, le Récit Variable est traversé de mille thèmes, propose — dans un étrange effet kaléidoscopique — différentes versions d’un même incident, s’offre à chacun telle une matière première à triturer et à s’approprier.
Et surtout, comme le Romancero, le Récit Variable fragmente la narration en épisodes, refuse de dérouler une intrigue, réside en suspens dans la hauteur de l’évènement pris sur le moment et non dans sa continuité.
Cette esthétique du sommet et du fragment — ou plutôt du segment — est fondamentale dans le récit variable. Le récit variable ne raconte rien. Il sème des moments anodins qui s’insèrent dans des intrigues, lesquelles ne sont jamais complètement relatées. A force de déambulations et d’imagination, le lecteur peut, à la rigueur, les retracer. Mais est-ce bien nécessaire ? L’intrigue n’est-elle pas que le prétexte à la lecture ?
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun