Hier
Je citais les rues
Le long de mes songes et randonnées
Là
Je les invente
Quand je les nomme
Quand je les pense
Ai-je gagné,
Ai-je perdu ?
De ce jeu où –
Dans l’irréel je vivais,
Tremblante et poussiéreuse
Et par le réel je succombe –
Qu’ai-je emporté
Si ce n’est moi-même ?
Ici
Aux carrefours des trajectoires
Je suis si seule
Qui peut entendre un chantre numérisé e
Qui peut l’atteindre ?
Cet infini glisse
Comme mille dunes
Comme tant d’eau
Et je ne flotte ni ne disparais
En ma poitrine
Les hallalis bruissent
Acérés
Etouffés
Qui
Ecoutera le chantre
Par ses chimères exilé ?
Qui
Saura
La consoler ?
Rendre son âme
A son récit inachevé.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Loula-Ludivine
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Comme le Romancero, le Récit Variable est traversé de mille thèmes, propose — dans un étrange effet kaléidoscopique — différentes versions d’un même incident, s’offre à chacun telle une matière première à triturer et à s’approprier.
Et surtout, comme le Romancero, le Récit Variable fragmente la narration en épisodes, refuse de dérouler une intrigue, réside en suspens dans la hauteur de l’évènement pris sur le moment et non dans sa continuité.
Cette esthétique du sommet et du fragment — ou plutôt du segment — est fondamentale dans le récit variable. Le récit variable ne raconte rien. Il sème des moments anodins qui s’insèrent dans des intrigues, lesquelles ne sont jamais complètement relatées. A force de déambulations et d’imagination, le lecteur peut, à la rigueur, les retracer. Mais est-ce bien nécessaire ? L’intrigue n’est-elle pas que le prétexte à la lecture ?
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun