complainte des femmes

Complainte des femmes de la ville en l’an deux mille :

Que sont les hommes devenus,
Les avons-nous vraiment perdus ?
Faudrait-il croire que c’est fini
Pour nous les femmes d’aujourd’hui ?
Que le modèle des hétéros
Ne marche plus, qu’il est zéro ?

Dans cette grande révolution
On a laissé notre passion
On bosse on trime on se démène
Pour trinquer seule en fin d’semaine
La gym, le taf et les enfants
Les courses, la bouffe : y’a plus d’bon temps

En plus faudrait qu’on reste belle
Et jeune et mince et pas rebelle
Qu’on soit toujours sur la sellette
Qu’on rit, qu’on cause qu’on soit pas bête
Et vous messieurs vous n’avez plus
Qu’à vous servir d’not’joli ...
Et vous messieurs vous n’avez plus
Qu’à vous servir d’not’joli …

Que sont les hommes devenus,
Les avons-nous vraiment perdus ?
Que sont les hommes devenus,
Les avons-nous vraiment perdus ?


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Griotte

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : 1

Textes satellites : aucun

sortants

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un Enchanteur

Tu me demande où j'étais... Tu t'étonnes... Oserai-je te le confier...

J'ai plongé tête la première, comme une novice...

J'ai oublié toutes les règles de prudence, toutes mes expériences, tous mes principes.

...

J'ai rencontré un Enchanteur, un Hollandais Volant peut-être, un Mage. Et je l'ai suivi. Sans hésitation. Sans m'inquiéter, du Temps, du Vrai, du Juste, des illusions, de rien. Sans aucune question, sans aucune vision. Je l'ai suivi, c'est tout. Mon Sens.

...

Nous avons dansé, glissé, volé la Piste du Tango, de Piazza San Marco aux plages d'Argentine,
Nous nous sommes échoués sur la Baie des Anges, enlacés,
Il m'a bâti un château de glace sur les flancs de l'Himalaya, il y faisait doux, il y faisait chaud,
Il a réinventé Syracuse, ses pierres, ses airs, mille orchestres,
Il a fermé des volets verts et nous nous sommes réveillés à Shanghai, Shanghai !, enivrés comme par l'opium,
Il a invité la pluie, son odeur, sa terre, elle nous a captivés, elle nous a embrassés, elle nous a emportés et ce fut la forêt. Noire. Propice. Envoûtante. Excentrique,
Il a serti mes jours de musique — baroque, latine, kitsch—, de sa musique aussi ...

Je n'ai pas hésité, j'étais émerveillée ... je me laissais guider comme si je n'avais jamais voyagé... je n'ai rien demandé non plus... rien sauf le Tango.


à Arte Miss


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Référence : "Orchidea" de J.B.

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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