tongues à terre

Tuileries - tongues à terre en tailleur – il dessine, croquette. Hyper décontract, hyper concentré. Droit devant. Sur le papier. Droit devant. ZigZag Zieutard.

Tuileries - deux copains copinent poliment, lui cinquantaine, elle demoiselle. Exit monsieur.

En moins de deux, tongues à terre aborde demoiselle.

Vous voulez voir ?
Il tourne son bloc vers elle. Jolie non, belle. Très naturelle, en chaussettes, campers posées sur la chaise.

Tuileries - tongues à terre et campers. Lui, à la parole, très volubile. Elle, à l’écoute. Très consentante.

Tuileries – tongue à terre en jette - se penche, effleure la couleur. Longs pinceaux gracieux, noirs-terre du bout des doigts. Croquis simples et fins.

On imagine qu’il sait tenir le corps d’une femme quand il fait l’amour. Simplement et finement. Fait-on l’amour comme on dessine ?


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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un Enchanteur

Tu me demande où j'étais... Tu t'étonnes... Oserai-je te le confier...

J'ai plongé tête la première, comme une novice...

J'ai oublié toutes les règles de prudence, toutes mes expériences, tous mes principes.

...

J'ai rencontré un Enchanteur, un Hollandais Volant peut-être, un Mage. Et je l'ai suivi. Sans hésitation. Sans m'inquiéter, du Temps, du Vrai, du Juste, des illusions, de rien. Sans aucune question, sans aucune vision. Je l'ai suivi, c'est tout. Mon Sens.

...

Nous avons dansé, glissé, volé la Piste du Tango, de Piazza San Marco aux plages d'Argentine,
Nous nous sommes échoués sur la Baie des Anges, enlacés,
Il m'a bâti un château de glace sur les flancs de l'Himalaya, il y faisait doux, il y faisait chaud,
Il a réinventé Syracuse, ses pierres, ses airs, mille orchestres,
Il a fermé des volets verts et nous nous sommes réveillés à Shanghai, Shanghai !, enivrés comme par l'opium,
Il a invité la pluie, son odeur, sa terre, elle nous a captivés, elle nous a embrassés, elle nous a emportés et ce fut la forêt. Noire. Propice. Envoûtante. Excentrique,
Il a serti mes jours de musique — baroque, latine, kitsch—, de sa musique aussi ...

Je n'ai pas hésité, j'étais émerveillée ... je me laissais guider comme si je n'avais jamais voyagé... je n'ai rien demandé non plus... rien sauf le Tango.


à Arte Miss


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Référence : "Orchidea" de J.B.

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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