l'ange de Toul

J'ai rencontré l'Ange de la rue de Toul. Tout mon chemin, mes courses, mes arrêts avaient été orchestrés pour que je le rencontre.

Il m'attendait à l'angle du passage Chaussier.

- Vous avez l'heure?

Je m'arrête, méfiante. Après l'heure, les euros. Je me raisonne et me dis que je ne sais pas. Qu'il vaut mieux ne rien présumer ni anticiper. Les vagabonds sont parfois ou souvent des voyageurs. Je sors mon téléphone portable du sac.

- 11h50.
- Et un mot d'encouragement ?

Là, mes doutes se dissipent. C'est bien un ange. Un envoyé de Kiméria.
"Vous n'êtes pas seul".

Ces yeux bruns sont sans fond. Il est bon. Je reçois tout l'amour des 3 Espaces et d'au-delà par son regard. Profondeur illimitée. Essence du relief.

Anti-platitude? Anti mensonge attitude.
Il me remercie. Je le remercie.
Et je comprends.

Il m'a donné le temps, le courage, le soutien et la protection.

Et il a eu l'absolue élégance de prétendre qu'il me les devait.

Merci, mon Ange.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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un Enchanteur

Tu me demande où j'étais... Tu t'étonnes... Oserai-je te le confier...

J'ai plongé tête la première, comme une novice...

J'ai oublié toutes les règles de prudence, toutes mes expériences, tous mes principes.

...

J'ai rencontré un Enchanteur, un Hollandais Volant peut-être, un Mage. Et je l'ai suivi. Sans hésitation. Sans m'inquiéter, du Temps, du Vrai, du Juste, des illusions, de rien. Sans aucune question, sans aucune vision. Je l'ai suivi, c'est tout. Mon Sens.

...

Nous avons dansé, glissé, volé la Piste du Tango, de Piazza San Marco aux plages d'Argentine,
Nous nous sommes échoués sur la Baie des Anges, enlacés,
Il m'a bâti un château de glace sur les flancs de l'Himalaya, il y faisait doux, il y faisait chaud,
Il a réinventé Syracuse, ses pierres, ses airs, mille orchestres,
Il a fermé des volets verts et nous nous sommes réveillés à Shanghai, Shanghai !, enivrés comme par l'opium,
Il a invité la pluie, son odeur, sa terre, elle nous a captivés, elle nous a embrassés, elle nous a emportés et ce fut la forêt. Noire. Propice. Envoûtante. Excentrique,
Il a serti mes jours de musique — baroque, latine, kitsch—, de sa musique aussi ...

Je n'ai pas hésité, j'étais émerveillée ... je me laissais guider comme si je n'avais jamais voyagé... je n'ai rien demandé non plus... rien sauf le Tango.


à Arte Miss


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Référence : "Orchidea" de J.B.

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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