Le terme dispositio est emprunté aux Arts de la Mémoire. Il renvoie aux pratiques de ces prêcheurs-voyageurs qui déambulaient de ville en ville et parlaient à la foule pendant des heures, pendant des jours, ex tempore, sans notes écrites.
Pour construire leurs discours, il devaient puiser dans une « matière » qu’ils avaient transformée en images (imagines) avant de la spatialiser dans un lieu mental (locus) et de pouvoir la convoquer en vue de l’ordonner, de la mettre ensemble (compositio), selon un schéma rationnel (dispositio).
Ce schéma n’était pas un plan de discours, comme en rhétorique, mais une véritable architecture visuelle et spatiale, par exemple une mappemonde, une main, un monastère, une porte du Temple, une tour, un arbre de vie, des ailes de séraphins, etc.
Pour nous - DJ’s des mots, Gangsters Lyriques - le moyen de stockage n’est plus l’image mais la numérisation, le lieu de stockage n’est plus mental mais documentaire (le topos) et l’organisation de la matière stockée ne se fait plus par la compositio mais par modélisation. En revanche, la construction finale (l'actualisation) se fait toujours selon une dispositio.
C’est donc par la dispositio que le topos devient récit variable.
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Arte Miss
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Tu me demande où j'étais... Tu t'étonnes... Oserai-je te le confier...
J'ai plongé tête la première, comme une novice...
J'ai oublié toutes les règles de prudence, toutes mes expériences, tous mes principes.
...
J'ai rencontré un Enchanteur, un Hollandais Volant peut-être, un Mage. Et je l'ai suivi. Sans hésitation. Sans m'inquiéter, du Temps, du Vrai, du Juste, des illusions, de rien. Sans aucune question, sans aucune vision. Je l'ai suivi, c'est tout. Mon Sens.
...
Nous avons dansé, glissé, volé la Piste du Tango, de Piazza San Marco aux plages d'Argentine,
Nous nous sommes échoués sur la Baie des Anges, enlacés,
Il m'a bâti un château de glace sur les flancs de l'Himalaya, il y faisait doux, il y faisait chaud,
Il a réinventé Syracuse, ses pierres, ses airs, mille orchestres,
Il a fermé des volets verts et nous nous sommes réveillés à Shanghai, Shanghai !, enivrés comme par l'opium,
Il a invité la pluie, son odeur, sa terre, elle nous a captivés, elle nous a embrassés, elle nous a emportés et ce fut la forêt. Noire. Propice. Envoûtante. Excentrique,
Il a serti mes jours de musique — baroque, latine, kitsch—, de sa musique aussi ...
Je n'ai pas hésité, j'étais émerveillée ... je me laissais guider comme si je n'avais jamais voyagé... je n'ai rien demandé non plus... rien sauf le Tango.
à Arte Miss
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Référence : "Orchidea" de J.B.
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun