Je ne crois pas à la théorie du Complot. Je n’y ai jamais cru. Il n’y a aucun complot. Les Lusores ne "complotent" pas pour faire advenir la Grande Migration.
Le projet s’est développé dans une faction extrémiste, laquelle étend progressivement son influence. Mais cette faction n’est pas encore majoritaire au sein des Lusores.
Je crois que nous devons garder présent à l’esprit que tous les Lusores ne fomentent pas la fin de l’humanité telle que nous la concevons. Peut-être même devrions-nous tenter d’entrer en contact avec des factions dissidentes et de les soutenir.
Ainsi, par exemple, nous sous-estimons l’importance des Castaliens. Les Castaliens sont manipulés par l’Ordre. Ils ignorent qu’ils vivent prisonniers dans Kiméria. Ils ignorent tout du projet de la Migration. Ils sont gardés dans un écrin comme s’ils étaient eux-mêmes les "Perles de Verre". Ils sont vénérés au même titre que le Jeu.
L’Ordre justifie d’ailleurs l’abomination de l’enlèvement des enfants promis à la Castalie et la duperie permanente dans laquelle ils maintiennent les Castaliens au nom de cet immense respect : il prétendent protéger ces joueurs exceptionnels des distractions et des dangers du monde afin de préserver la force et la pureté du Jeu, vecteur – dans leur superstition quasi religieuse - de l’équilibre du Monde dans son entier…
Mais, si les Castaliens se libéraient du joug de l’Ordre, l’Ordre lui-même et le XIU s’effondreraient.
Nous devons infiltrer la Castalie.
Nous devons aussi et surtout questionner notre tendance à chercher les traces systématiques d'un complot dans toutes les positions du XIU et de l'Ordre. Le XIU et l'Ordre forment un système, un système qui s'autogénère et évolue malgré les choix individuels et les volontés personnelles.
Sachons revisiter nos positions, sachons nuancer.
Type de document : streetForce : notes internes
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
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Textes satellites : aucun
Tu me demande où j'étais... Tu t'étonnes... Oserai-je te le confier...
J'ai plongé tête la première, comme une novice...
J'ai oublié toutes les règles de prudence, toutes mes expériences, tous mes principes.
...
J'ai rencontré un Enchanteur, un Hollandais Volant peut-être, un Mage. Et je l'ai suivi. Sans hésitation. Sans m'inquiéter, du Temps, du Vrai, du Juste, des illusions, de rien. Sans aucune question, sans aucune vision. Je l'ai suivi, c'est tout. Mon Sens.
...
Nous avons dansé, glissé, volé la Piste du Tango, de Piazza San Marco aux plages d'Argentine,
Nous nous sommes échoués sur la Baie des Anges, enlacés,
Il m'a bâti un château de glace sur les flancs de l'Himalaya, il y faisait doux, il y faisait chaud,
Il a réinventé Syracuse, ses pierres, ses airs, mille orchestres,
Il a fermé des volets verts et nous nous sommes réveillés à Shanghai, Shanghai !, enivrés comme par l'opium,
Il a invité la pluie, son odeur, sa terre, elle nous a captivés, elle nous a embrassés, elle nous a emportés et ce fut la forêt. Noire. Propice. Envoûtante. Excentrique,
Il a serti mes jours de musique — baroque, latine, kitsch—, de sa musique aussi ...
Je n'ai pas hésité, j'étais émerveillée ... je me laissais guider comme si je n'avais jamais voyagé... je n'ai rien demandé non plus... rien sauf le Tango.
à Arte Miss
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Référence : "Orchidea" de J.B.
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Textes satellites : aucun