Loula au Capitaine :
"Où vis-tu ?"
"A la proue ."
"Es-tu l'initiée?"
"Je suis le Capitaine."
"Connais-tu les routes ?"
"Je choisis les escales."
"Es-tu le cartographe ?"
"Je suis la voyageuse."
Le Capitaine à Loula :
"Te voit-on aux rivages ?"
"Je flâne et je traverse."
"Es-tu la destinée ?"
"Je suis l'odyssée."
"Qui es-tu ?"
"Je suis la gardienne."
"Es-tu dans le livre ?"
"Ma place est en marge."
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Tu me demande où j'étais... Tu t'étonnes... Oserai-je te le confier...
J'ai plongé tête la première, comme une novice...
J'ai oublié toutes les règles de prudence, toutes mes expériences, tous mes principes.
...
J'ai rencontré un Enchanteur, un Hollandais Volant peut-être, un Mage. Et je l'ai suivi. Sans hésitation. Sans m'inquiéter, du Temps, du Vrai, du Juste, des illusions, de rien. Sans aucune question, sans aucune vision. Je l'ai suivi, c'est tout. Mon Sens.
...
Nous avons dansé, glissé, volé la Piste du Tango, de Piazza San Marco aux plages d'Argentine,
Nous nous sommes échoués sur la Baie des Anges, enlacés,
Il m'a bâti un château de glace sur les flancs de l'Himalaya, il y faisait doux, il y faisait chaud,
Il a réinventé Syracuse, ses pierres, ses airs, mille orchestres,
Il a fermé des volets verts et nous nous sommes réveillés à Shanghai, Shanghai !, enivrés comme par l'opium,
Il a invité la pluie, son odeur, sa terre, elle nous a captivés, elle nous a embrassés, elle nous a emportés et ce fut la forêt. Noire. Propice. Envoûtante. Excentrique,
Il a serti mes jours de musique — baroque, latine, kitsch—, de sa musique aussi ...
Je n'ai pas hésité, j'étais émerveillée ... je me laissais guider comme si je n'avais jamais voyagé... je n'ai rien demandé non plus... rien sauf le Tango.
à Arte Miss
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Référence : "Orchidea" de J.B.
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun