faut-il le finir?

Ce livre [le bréviaire méditérranéen], faut-il le finir ?

Il suffit d’être en train de le lire. Il est comme la vie, il se lit. Il se savoure, se délecte, se déroule. Sa cadence est lente.

Méditerranéenne.

Générée par cette patience toute orientale qui sait pertinemment que le temps finit toujours par offrir la capitulation convoitée et nécessaire.

Certain de son avantage, fort, érudit, stable, protecteur, matvejevitch pierre, énumère, cite, repère, dresse des listes, sauve des patronymes, rend hommage aux philosophes et aux cartographes, aux îles et aux ports, aux estuaires et aux portulans, aux golfes et aux espars, aux marins et aux explorateurs, "leurs voyages furent difficiles, nombre d'entre eux méritent que nous mentionnions au moins leurs noms", litanie commémorative qui emporte la lecture aussi régulièrement que les vagues et qui engourdit l’esprit aussi sûrement que le soleil.

Un bréviaire de la mer du Nord eût imposé d’autres scansions.


Type de document : DJ's classes : études comparées

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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un Enchanteur

Tu me demande où j'étais... Tu t'étonnes... Oserai-je te le confier...

J'ai plongé tête la première, comme une novice...

J'ai oublié toutes les règles de prudence, toutes mes expériences, tous mes principes.

...

J'ai rencontré un Enchanteur, un Hollandais Volant peut-être, un Mage. Et je l'ai suivi. Sans hésitation. Sans m'inquiéter, du Temps, du Vrai, du Juste, des illusions, de rien. Sans aucune question, sans aucune vision. Je l'ai suivi, c'est tout. Mon Sens.

...

Nous avons dansé, glissé, volé la Piste du Tango, de Piazza San Marco aux plages d'Argentine,
Nous nous sommes échoués sur la Baie des Anges, enlacés,
Il m'a bâti un château de glace sur les flancs de l'Himalaya, il y faisait doux, il y faisait chaud,
Il a réinventé Syracuse, ses pierres, ses airs, mille orchestres,
Il a fermé des volets verts et nous nous sommes réveillés à Shanghai, Shanghai !, enivrés comme par l'opium,
Il a invité la pluie, son odeur, sa terre, elle nous a captivés, elle nous a embrassés, elle nous a emportés et ce fut la forêt. Noire. Propice. Envoûtante. Excentrique,
Il a serti mes jours de musique — baroque, latine, kitsch—, de sa musique aussi ...

Je n'ai pas hésité, j'étais émerveillée ... je me laissais guider comme si je n'avais jamais voyagé... je n'ai rien demandé non plus... rien sauf le Tango.


à Arte Miss


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Référence : "Orchidea" de J.B.

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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