La plupart d’entre nous l’ignore, mais l’univers se partage en trois espaces : le monde de tous les jours - Erel ; la terre des rêves – Kiméria et l’étendue des idées - Numer. Les Voyageurs parcourent ces trois espaces comme vous et moi nous traversons Paris.
Non, il ne s’agit pas d’un conte. Je ne répands pas de contes. Jamais. Je relate les exploits. Et si vous ne me croyez pas, scrutez les légendes et les récits de tous les pays, vous y trouverez des allusions aux Trois Espaces et aux Voyageurs. Car, je vous le dis, chaque culture qui a existé sur terre a inventé son Art du Voyage.
L’Occident, par exemple, a développé le Jeu des Perles de Verre, du nom de ces anciens tissages de perles où étaient cryptées les coordonnées des passages entre les trois espaces, les vortex. Ces coordonnées sont très précieuses pour ceux qui veulent se télétransporter d’un monde à l’autre. Mais tous les Voyageurs n’ont pas besoin des vortex pour se déplacer : certains possèdent le don inné du Voyage.
On les appelle les Nomades. Ils arpentent les Trois Espaces au gré de leur volonté. Ou presque. Ils doivent d’abord suivre un entraînement. Long, très long, trop long peut-être. Mais à défaut de suivre cet entraînement, le don devient malédiction et le Nomade subit des départs inopinés qui bouleversent sa vie.
Maintenant je vais vous poser une question : que se passe-t-il — selon vous — quand certains Voyageurs ont besoin de vortex et d’autres pas ?
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Le Troubadour
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Site
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
- Je crois qu'écrire est mon unique souvenir. Mais toi, Loula, même perdue dans cet espace si froid, d'avant ou d'après le monde, dans cet espace de formes et de modèles, tu te souviens. Les chantres ne peuvent pas oublier. Ils ont de la mémoire.
- Non. Ils sont la mémoire. Comme la vie est le corps ou l'esprit ou le vent ou les grains de sucre éparpillés autour d'une tasse de café, traces du mouvement de la main, de la souche, de la parole qui saigne au-dessus d'un papier à cigarette sur lequel quelques mots d'adieu ont été écrits. Et si je suis la mémoire, Capitaine, comment pourrais-je l'avoir ? Je suis en mémoire comme d'autres sont en vie. Comme tu es en oubli.
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun