Madame Duras, je l'aime parce qu'elle ose.
Elle connaît le point intime du langage et de l'écriture.
Celui où la voix rejoint l'encre.
Où l'équilibre se négocie entre transgression et dislocation.
Où le sens culmine et perdure.
Où toutes les perspectives se retrouvent pour éclore en un possible.
Singulier et multiple. Infini.
Babel territoire.
Virtuel absolu.
En une proposition, un syntagme, un mot composé.
"Au-déjà de la forêt, dit-elle."
Non : au-déjà du mot.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Cette nuit, j'ai fait un cauchemar.
Le XIU avait installé une barrière virtuelle chez moi. Un faux pan de mur coulissant. Un horizon. Un miroir ou une baie vitrée. Ou je ne sais pas.
De l'autre côté, un milicien m'attendait. Ses yeux étaient bleus. Sans bord ni centre. Il m'apprenait que je n'étais pas moi. Que tous mes souvenirs étaient erronés, falsifiés, trafiqués. Et il s'apprêtait à me soumettre à un nouveau conditionnement.
Cauchemar de DJ.
Mais… mais si j'étais une "reconditionnée", m'en rendrais-je compte ?
Porter toujours le doute d'être infiltrée par soi-même…
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : Total Recall
Commentaires : 2
Textes satellites : aucun