de guingois

Devant moi, dans ce bistrot où je suspens quotidiennement le cours des événements jamais plus d'un quart d'heure, avant de regagner mon appartement, je remarque pour la première fois la fenêtre ouverte, qui bascule vers l'extérieur.

Il fait déjà nuit dehors, et les lumières du café se reflètent sur la vitre, mon visage aussi dans un même mouvement.

Bleuté, il se superpose aux contours brumeux de la rue, aux flâneurs qui viennent interrompre quelques instants la quiétude fixe des affiches s'imposant à mon regard.

La glace, légèrement poussée vers le dehors, déforme la perspective, mais ce pourrait être aussi bien moi qui suis de guingois.

J'existe dans ce reflet, et il n'existe que pour mon regard.

La patronne referme la fenêtre d'un mouvement sec, mon double virtuel a disparu.


Type de document : carnets personnels

Auteur fictif : Arte Miss

Auteur réel : poisson soluble

Provenance du texte : Participation

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

> changer les liens

année après année

< lui >

année après année
< exhalait > de moins en moins de traces dans la ville
année après année
< amputait > leurs retrouvailles

< avait été > le maître de cet ailleurs
< en devenait > un voyageur
un visiteur
un absent

[par lui]

<< avait appris >>
les cartes de ces terres
sans temps ni froid ni faim

<< elle >>

<< avait été >> l’étrangère
<< en devenait >> la gardienne
la solitaire
la guetteuse

[pour lui]

<< sortait >> de ses refuges
<< vagababondait >>

en promenade chaque soir
<< se montrait >>
<< questionnait >>

Soliloques estropiés
Sur les observatoires du ciel ou des enfers
Sur les pavés
Dans les souterrains ramifiés

<< revenait >> avec la nuit
parfois
avec le jour
quand
une élude - un rapprochement
rarement

Oui dehors
Eux - leurs yeux - leurs oreilles
Esquivaient - résorbaient
Ses stases - ses stances

oui ainsi - oui soudain
elle vit – elle sut
* le monde existait
* << n’était>> pas comme eux << elle >>
* < avait migré > < lui >
estivage ? non. Conversion

La souffrance fut comme du sang noir
qui monte sans fatigue dans les veines.

Une lèpre du cœur.

Ultime retour au Réel.


Type de document : vers

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Référence : Marguerite Duras. India song.

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.