Les historiens et les ethnologues pensent que l’identité cimmérienne est un mythe. Les psychiatres ont d’ailleurs défini le Complexe du Cimmérien.
Le mythe du Cimmérien offrirait - selon eux - un fort potentiel d’identification à tous les exclus. Il circulerait à travers le monde véhiculé par l’impérialisme occidental.
Ainsi, il n'aurait pas existé de Cimmériens en Amérique avant l'arrivée de Christophe Colomb. Mais, à l’instant même où le premier conquistador a posé son regard sur les indiens, il aurait inconsciemment cherché et trouvé un Cimmérien. Celui-ci, emporté par la force psychique du mythe et par la puissance du désir informulé de l’autre se serait approprié – comme par obéissance et aliénation - cette nouvelle identité.
Dès que le processus d’identification est opéré, le nouveau Cimmérien réécrirait toute son histoire personnelle et celle de ses ancêtres.
Il est toujours possible de réinterpréter les événements et les souvenirs de sa vie pour les faire entrer dans le mythe cimmérien.
Mais les historiens, les ethnologues et les psychiatres ne croient pas au Récit et ils feignent d'ignorer que les Mayas - bien avant l'arrivée de Christophe Colomb - maîtrisaient l'art des nœuds de tapis.
Type de document : DJ's classes : études cimmériennes
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
< lui >
année après année
< exhalait > de moins en moins de traces dans la ville
année après année
< amputait > leurs retrouvailles
< avait été > le maître de cet ailleurs
< en devenait > un voyageur
un visiteur
un absent
[par lui]
<< avait appris >>
les cartes de ces terres
sans temps ni froid ni faim
<< elle >>
<< avait été >> l’étrangère
<< en devenait >> la gardienne
la solitaire
la guetteuse
[pour lui]
<< sortait >> de ses refuges
<< vagababondait >>
en promenade chaque soir
<< se montrait >>
<< questionnait >>
Soliloques estropiés
Sur les observatoires du ciel ou des enfers
Sur les pavés
Dans les souterrains ramifiés
<< revenait >> avec la nuit
parfois
avec le jour
quand
une élude - un rapprochement
rarement
Oui dehors
Eux - leurs yeux - leurs oreilles
Esquivaient - résorbaient
Ses stases - ses stances
oui ainsi - oui soudain
elle vit – elle sut
* le monde existait
* << n’était>> pas comme eux << elle >>
* < avait migré > < lui >
estivage ? non. Conversion
La souffrance fut comme du sang noir
qui monte sans fatigue dans les veines.
Une lèpre du cœur.
Ultime retour au Réel.
Type de document : vers
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : Marguerite Duras. India song.
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun