je suis le chantre

Je suis le chantre et je raconte :

Voici l’odyssée d’une femme qui connaît les sirènes et qui connaît le silence, qui navigue – fluide - d’un nœud à l’autre, créant par ses déplacements de nouveaux ports et de nouveaux royaumes, curieuse de son parcours en-dehors de l’espace.

Je suis le chantre et je raconte :

Voici l’odyssée d’une femme qui aime la ville et qui aime un homme, qui navigue - fluide – d’un signe à l’autre, créant par ses errances de nouvelles synchronicités et de nouveaux miracles, maîtresse de l’illusion en-dehors du figé.

Je suis le chantre et je te raconte :

Voici ton odyssée, toi qui traques le sens et qui traques le jeu, toi qui navigues – fluide – d’un texte à l’autre, créant par tes choix des routes insoupçonnées et innombrables, en quête de l’altérité.

Je suis le chantre et je vous raconte :

Voici l’odyssée d’une cité qui s’élance depuis la terre et qui s’élance depuis les mots, qui se montre – fluide – d’un récit à l’autre, d’un pas à l’autre, d’un regard à l’autre, d’un désir à l’autre, cadre absolu de pierre, de papier et de chiffres.

Je suis le chantre et je t’annonce :
Je ne suis personne, seule existe ma trace sur le papier. Tu m’y rencontres et tu m’y crées.

Je suis le chantre et je t’annonce :
Je ne suis personne, seul existe mon sillon sur l’écran, tu m’y façonnes et tu m’y perds, éphémère.


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Loula-Ludivine

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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silhouette

De moi, je ne connais que ma main. Droite. Qui tient la plume.
Et la gauche. Qui porte la pomme - jaune, orange ou rouge mais jamais verte - à ma bouche.

J'éprouve également une réelle familiarité pour le bout de mon nez qui occupe toujours une fraction de ma vision.

J'aperçois mes jambes, évidemment. Mais sous un angle peu significatif.

Quant à mes pieds, j'ai tendance à les oublier. Toutefois, je les identifie clairement.

En revanche, je ne sais rien de ma silhouette.
Si. Peut-être. Quand j'observe mes habits suspendus.
Comme un phénomène de déjà-vu...

Mais toi, Loula, je te vois. Tu ne me ressembles pas.


Type de document : minutes des mémoires absolues

Auteur fictif : Les Greffiers

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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