"Bréviaire méditerranéen" de Predrag Matvejevitch est une chose remarquable [un véritable objet] qui me fascine et qui me tient en respect.
Son écriture m’enroule, m’enlise, me rend languissante et attentive.
Les mots rares s’y succèdent, litanie délectable, conférant au texte une lenteur qui renvoie au temps passant mais certainement pas au temps actif, présent et réel dont parle monsieur virilio.
Douceur méditerranéenne. Indolence nostalgique d’une époque antique [ pré-videoscopique, pré-numérique ].
On retrouve chez matvejevitch ce rythme gidien des nourritures terrestres, un sentiment éthique en plus.
Je devine des références constantes, régulières, chroniques, profondes, qui m’échappent aussi sûrement que les caractères grecs ou les formules de physique. Cette intertextualité raffinée et discrète intensifie la certitude d’approcher le secret, l’inaccessible, l’irrévélé, de la méditerranée, de mes racines.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
De moi, je ne connais que ma main. Droite. Qui tient la plume.
Et la gauche. Qui porte la pomme - jaune, orange ou rouge mais jamais verte - à ma bouche.
J'éprouve également une réelle familiarité pour le bout de mon nez qui occupe toujours une fraction de ma vision.
J'aperçois mes jambes, évidemment. Mais sous un angle peu significatif.
Quant à mes pieds, j'ai tendance à les oublier. Toutefois, je les identifie clairement.
En revanche, je ne sais rien de ma silhouette.
Si. Peut-être. Quand j'observe mes habits suspendus.
Comme un phénomène de déjà-vu...
Mais toi, Loula, je te vois. Tu ne me ressembles pas.
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun