Loula :
Quand je me suis dissoute, ce n'était pas pour lui.
Pierre, mon Pierre.
Ce n'était pas pour les fuir non plus. Eux, leurs attentes, le peuple, l'histoire.
Ce n'était ni à cause des nœuds ni à cause du cœur.
Ce n'était pas non plus pour les batailles à venir que je ne te dirai pas.
Ni pour les échecs ni pour les victoires.
Pas même pour le mot.
Tu veux savoir pourquoi, Capitaine ?
Capitaine:
Je ne crois pas.
Loula:
Tu ne veux pas l'entendre ?
Capitaine:
Je le lirai un jour. Je l'écrirai. Ne me le dis pas.
Loula:
Ne veux-tu pas comprendre pourquoi tu me parles, pourquoi tu me vois, là où rien ni personne ne m'atteint ?
Capitaine:
Je ne suis qu'un Capitaine échoué, un pirate des gréages de papier.
Et je ne sais pas garder les secrets.
S'il te plaît!
Ne me force pas à te trahir.
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
"Un allongé s’il vous plaît", plaisir intense d’une phrase anodine. Le L s’étend si loin et s’entend double. Tout le plaisir du café à venir. C’est tellement bon ! Rien que de commander son café, le sien, celui de l’arrêt, du temps pour soi, debout ou assis, dans une brasserie ou dans un salon, en trois minutes ou en deux heures, seule ou accompagnée, triste ou regonflée, "un allongé s'il vous plaît, un allongé".
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun