Pouvoir aller partout vite et aisément, c’est n'être nulle part.
J’ai vécu dans tant de lieux, j’ai vu tant de terres que les paysages ont fusionné et plus rien n’est consistant. L’Equateur, l’Australie, la Californie, les Vosges, les Alpes, la Toscane, Kiméria... je ne sais plus ... je ne sais plus . Le seul espace que je connaisse avec certitude est celui de mon écriture. Pas même celui de ma parole ou de ma pensée. Hors du graphe, je vis dans la contemplation absolue d’un flou total (principe d’incertitude).
Envisagez-vous les séquelles de cette attitude dans mon lien à l’autre, dans mon lien à vous?
Au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : Sénèque (lettre II à Lucilius)
Commentaires : aucun
Textes satellites : 1
"Un allongé s’il vous plaît", plaisir intense d’une phrase anodine. Le L s’étend si loin et s’entend double. Tout le plaisir du café à venir. C’est tellement bon ! Rien que de commander son café, le sien, celui de l’arrêt, du temps pour soi, debout ou assis, dans une brasserie ou dans un salon, en trois minutes ou en deux heures, seule ou accompagnée, triste ou regonflée, "un allongé s'il vous plaît, un allongé".
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun