Rue Saint Louis en l'Ile.
Trottoir sud.
Une araignée gambade. Une notable, on ne peut pas s'y tromper. Ni princière ni royale. Bourgeoise. Un peu grasse sur ses pattes - huit. On pourrait croire qu'elle a un plastron et des bretelles. Elle est chez elle et franchement, elle prend autant de place que n'importe quel passant.
Je lui parle : "Bonjour, madame l'araignée."
Les gens se retournent.
Une frisée qui parle avec une araignée près de l'Ile de la Cité. Quelle insanité !
Je relate la scène à un ami voyageur, nom de code : Dottore Pi, en ajoutant : "je l'ai appelée madame, pourtant de toute évidence, c'était un monsieur."
"Certainement pas!" m'a-t-il corrigé. "Telle que vous me l'avez décrite, il s'agit d'une Epeire diadème. Et de cette taille-là, c'est nécessairement une femelle. Les mâles sont vingt fois plus petits. D'ailleurs ils ne finissent pas bien les pauvres."
"Ecrasés ?"
"Non. mangés".
Madame l'épeire diadème venait sans doute de terminer son dîner…
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
"Chez les romains, l’homme libre n’écrivait pas : il dictait à un esclave comme les patrons du 20ème siècle à leurs dactylos. Ma mère était la secrétaire de mon père. Ma sœur a été la mienne quand je ne savais pas encore écrire. J’ai été celle de ma fille" dixit Capitaine L.
Mais faut-il prendre les romains au sérieux ?
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun