Loula
Ils n'avaient qu'une seule question. Tous. La même. Toujours. Les recruteurs, le peuple.
"Où est la gardienne ? Où est-elle ? "
Ma famille, ma mère, mon père, les psychologues.
"Où vas-tu Loula ? Pourquoi, pour qui ?"
Pierre parfois, "reste," me disait-il, "reviens avec moi".
Je les entendais dans mon exil, dans mes arrêts, dans mon absence.
Capitaine
Je sais Loula.
Loula
Je ne pouvais pas.
Capitaine
C'est comme ça.
Loula
Je n'étais d'aucun temps.
Capitaine
Voyageuse absolue.
Loula
Seulement l'ici.
Capitaine
Et tu les as entendus construire ton histoire
Loula
Avant même que de la vivre.
Capitaine
Et tu en connais la fin.
Loula
Il n'y a pas de fin, Capitaine. Il n'y a qu'un maintenant. Absolu. Où je suis dans tous les points de ma souffrance et de ma délivrance concomitamment.
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Place Sainte Catherine. Une vraie petite place de village, silencieuse, piétonne, carrée, avec des arbres, des bancs, des terrasses, des tas de restaurants - blinisserie pitchipoï – un rien désuet – très nostalgique – blinis, gefilte fish, plats russes, harengs, saumons sauvages, tarama, crème d’aubergine et vrai bon gâteau au pavot ! Un délice... si la seconde guerre n’avait pas décimé ma famille, ma grand-mère m’aurait appris à cuisiner tout ça.
Mon voisin de table me dit : "la plus grande zone érogène, c’est l’intelligence".
Oui … chez lui peut-être…
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun