Cette pomme a un air sauvage, baroque. Perle-pomme irrégulière. Quand on la croque son goût échappe. Le morceau de chair se dérobe. Consistant et fuyant. Pour mieux s'engouffrer et nous appartenir.
Faut-il la mâcher ? L'avaler ? La rejeter ? La sucer et la vider de son jus jusqu'à ce qu'elle ramolisse et se dissipe ? Tant de questions irrésolues se posent que je ne peux la terminer. Je la jette. Elle m'a rassasié.
Alors que, dans la même série (golden), les petites pommes insipides conditionnées sous cellophane par 1-1,5-2 kilogrammes - des vraies pommes de terre - ne provoquent aucune surprise, n'interrogent en rien les sens, simulent une mastication automatique, détachée, ininterrompue, un broyage que rien n'arrête. Et les pommes peuvent s'enfiler comme les kilomètres sous un train ou les billes d'un rosaire tibétain (mala).
Ma première Chanteclerc. Une espèce ressuscitée.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
De l’ordre du toucher
Ce n’est pas que j’aie
Quelque chose à dire
De précis, de particulier
Est-ce d’ailleurs
Qu’il s’agit de dire ?
Type de document : notes et travaux
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Guillevic
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : Etier
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun