Finalement, je ne sais rien. Tout reste à nommer.
Toutes les nuances, les subtilités.
L'homme que j'aime n'est pas l'homme que j'attends.
Le chant que j'imagine n'est pas celui que je clame.
Mes pieds qui marchent ne sont pas ceux qu'on attachait dans mon lit.
Mes yeux qui regardent ne sont pas ceux qui restent secs quand j'ai mal.
Ma bouche qui embrasse n'est pas celle qui dit.
La Seine en crue n'est pas la Seine sous la pluie.
Il faudrait un mot pour chaque état de chaque détail de chaque chose à chaque instant. Il faudrait une mémoire totale. Il faudrait un vocabulaire inépuisable. Il faudrait un langage qui s'invente encore et tout le temps, pour toutes les perceptions, pour toutes les perspectives.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Loula-Ludivine
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
La question de la place de l'image au sein d'un récit variable est primordiale.
C'est là, exactement, que je souhaite placer la singularité d'un récit variable . Car, si un topos ou une représentation variable inclut le tous média, le tous signes et le riche média, un récit variable est essentiellement textuel : littéraire.
Dans un récit variable, l''image est une épice pimentée, poivrée et suave. Certainement pas sucrée ni douce. Aucunement violente ni dominante.
L'image ici accompagne, elle ne remplace pas, elle ne traduit pas, elle ne prime pas.
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun