Et si j’les zem, les Halles, j’y peux rien. J’aime leurs gueules, j’aime leurs bandes, j’aime leurs locks de rastas, j’aime cette faune à laquelle j’appartiens pas, j’aurais beau essayer, c’est comme ça. C’est comme les blacks, elles sont trop belles avec leur boum qui bounce et leur bouche qui dance tandis que moi j’reste plate. Bonne pour le musée d’histoire naturelle com’dit ma fille.
Ouais, j’voudrais toujours m’y promener, m’en fous des odeurs qui puent derrière les chevaux de bois et des types qui t’branchent avec leurs sondages, leur drogue, leur couteau ou leur stupre. J’donnerais ma vertu pour m’éclabousser à la fontaine des Innocents ou à la cascade Saint Eustache
[ là où une main sans bras tient une tête sans cou ].
D’ailleurs je l’ai déjà donnée.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Une illusion : l'information.
Tout serait vu, su, réel, parce que tout serait montré.
Net, vrai, indubitable.
Une crédulité : ma croyance en l'information.
Parce que partout - de mille sources différentes - je vois un fait et un point de vue, je lui prête foi.
Un totalitarisme : la contamination de l'information.
Par phénomène d'amplification une image-pensée se propage.
Rumeur.
Une malhonnêteté : se croire omniscient.
Parce que tout le savoir et le non-savoir, tous les ouï-dire et tous les vu-faire, sont à la portée d'un clic et d'un regard perdu, penser avoir le droit de se faire une opinion.
Oublier la perspective.
Nier la distance.
Tuer le discernement.
Type de document : DJ's classes : classes générales
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun