noeud gordien

Elle viendra. Il vous faudra la regarder comme une amie.

Elle est celle qui prend et déchire ; elle est celle qui oublie : elle est celle qui a perdue cette chose unique en chacun de nous.

Elle est un monstre de beauté et de précision. Elle brille comme une reine et ses voiles fendent le vide. Elle sait tout et hait le détail. Elle œuvre à toutes les frontières. Elle est dans nos yeux et elle est dans le lointain. Sous une autre forme, dans un autre espace et un autre temps.

La certitude s'éteindra alors pour briller en dehors de vous, face à vous. Vous n'en serez pas privé pour autant : vous l'adorerez.

Vous aurez peur et la peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale.

Il faudra trouver cohérence là où l'espace se brise en nappes bleues et cisaillées.

Alors vous toucherez les trois boucles primaires. Eclatantes. Pures. Parce que vous les regarderez, chacune fermera la précédente et ouvrira la suivante.

Elles chercheront vie. Leur chant grandissant déchirera délicatement votre mémoire. Une tresse sera exigée, liquide et brillante. La plus onctueuse aliénation.

Lorsque la dernière ouvrira la première, lorsque la vérité des trois sera unifiée, vous serez en grand danger. Un gouffre de douleur et de silence - le tombeau des mots. A chaque seconde de la Lutte, vous verrez la spirale glacée enfermer la substance de votre vie et votre milieu ne sera plus que métal et cristaux sans teinte, sans doute et sans question. Elle prendra vie. Il faudra crier si fort...

Parce que vous n'avez pas le choix, elle reviendra, fragile, heurtée. Vous serez longtemps coupable de ce crime.

Il faudra vous pardonner.


Type de document : chroniques de Numer

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Ciriaco Soleares

Provenance du texte : Participation

Référence : Frank Herbert, Cycle de Dune, premier tome (Dune).

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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marge

Marge

J’expose ma peau à la grammaire des pluies des vents et des errances.

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C’est étrange, quand je prends des notes, je remplis toute la page de mon carnet et quand je compose des textes, je fuse d’abord des marges avec une double ligne nerveuse.

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Montmartre est hors périmètre / quel périmètre ? Celui de ma chambre, celui de la page ou du récit ?

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Périmètre autorisé / péripatétitienne / périmètre arrosé / arrosage automatik et lavomatik.

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Midrach : annotations argumentatives restrictives ou réinterprétatives placées en marge du texte sacré et des lectures précédentes / conte allégorique.

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La question de la marge est celle du rapport entre l’extérieur et l’intérieur : la marge est-elle dedans ou dehors ? Externe au document ou interne à la page ? Avec elle, l’extérieur et intérieur fusionnent comme dans le romantisme ou la mystique.

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L'écran a-t-il une marge ? Non : pas de marge pour l’écran. L’écran englobe tout, il ne laisse pas d’alternative.

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Les logiciels de traitement de texte (type word) reproduisent la page imprimée et présentent une marge que l’on peut définir dans la mesure des capacités de l’imprimante utilisée (marge d’impression) / les pages des logiciels de calcul (type excel) remplissent l’écran sans laisser de marge / les mots acceptent les marges pas les chiffres.


Type de document : notes et travaux

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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