La petite fille en pyjama avec les nounours bleus et roses dort. Elle revoit la pierre plate, celle de la malchance, le vélo blanc, la photo de la grand-mère…
Puis, peu à peu, la photo de la grand-mère s'anime. Elle sort de la photo et monte sur le vélo blanc. Elle se lance à la poursuite de la petite fille. L'enfant court et repasse devant la terrasse du restaurant, elle tourne autour des réverbères avant de filer sur le Pont des Arts.
La grand-mère ricane toujours derrière elle. La petite arrive au milieu du pont. Elle veut sauter car la grand-mère gagne du terrain.
Plus de temps, elle saute et se réveille en sursaut.
Dans le pays des rêves, les Voyageurs font aussi des cauchemars.
Type de document : chants des petits griots
Auteur fictif : Griotin
Auteur réel : Marie Latoch
Provenance du texte : Ateliers scolaires
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Dragon d’argent sur flammes bleues ondulant au gré des muscles et des mouvements. Tatouage sur ton corps. Caché mais apparent.
Je voulais demander : "'dis-moi' d’où vient un tatouage sur ton corps ? ..." "Quelle intimité ici s’expose ?" "As-tu déjà parcouru les fulminances à bord de ce navire sans nom qui hante nos mémoires en carton froissé ?" "Où me feras-tu souffrir dans le sillon que tu traces ?" J’ai seulement articulé : "savais-tu que le dragon est un motif baroque ? Tu as la peau baroque ..."
Cette année-là ' l’année du dragon ' combien de fois nous sommes-nous rejoints ?
Je disais : "les courbes et les angles de ton corps maigre 'classique et indépendant ' corps d’homme" et je pensai : "pourtant on croit dessiner une femme quand on te caresse ! Pas pétrir peut-être contourner." Je craignais : "je commence à peine à m'approprier tes axes et reliefs et déjà tu dérives vers ces zones brumeuses où je ne suis pas".
Combien de fois es-tu parti ?
"Quand tu quittes mon champ ' dis ' existes-tu encore ? Ou bien disparais-tu dans un au-delà chimérique où tu te dissous" "vapeurs bleues qui enveloppent ce reptile nourri sous ton bras comme une mise en garde" "je ne suis que fluctuances" "je vous enroberai pour mieux me dérober" "je vous grifferai de mes pattes ' ' mon humanité" "je vous dévorerai d'un coup de gueule ' ' béance de mon absence"
Combien me suis-je résignée ?
Loin, alors mon très cher, oh ! vas t'en loin, vers quelque étier isolé qui succombe, dans son rêve d’impossible retour, aux innombrables îles-étoiles qui gemment son cours.
Pendant que je garde l’image de nos formes conquises et complètes 'ellipses ajourées ' ' pierre tendre et tiède ' pendant que je reste
(Loula dit :)
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Loula-Ludivine
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : Guillevic - Etier et Edgard Poe cité par Bachelard dans L'eau et les rêves (p. 67)
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun