Assis sur la poubelle, rue Saint Honoré, en face de Colette, la besace en bedaine et le sourire excavé. Un noir et blanc jamais vu. Juste après les tailleurs fuchsia et orange. Les textures et les rocailles.
Les talons ne claquent pas encore sur les trottoirs, seuls les chantiers ont ouvert leur pas de porte. Les bennes se remplissent en cadence. Aujourd’hui, demain, le temps de prendre un café chez Élie et une nouvelle boutique s’est habillée. La rue devient baroque total. Elle prend sa place, petite sœur du faubourg, moins haute, branchée néo-rococo. Décor offert aux touristes de la troisième dimension - le relief devient un tel affront – interface artefactuelle artificielle (vous avez vu? Même les boulangeries ont l’air de sortir de chez Hansel et Gretel, conte de fées ou de sorcières pour électeurs abrutis par l’information en continu et en réseau, images sans surprise où les indiens de tous bords valent toujours mieux que les cowboys – qu’importe le cannibalisme s’il est authentique ? )
Perché sur la poubelle, rue Saint Honoré, devant l’étalage de gâteaux luisants et de sandwichs rassasiés, la besace en bedaine et le sourire excavé, élément déclencheur de l’enthousiasme d’une journée qui devrait être une journée d’été, mais l’été 2001 tarde à réchauffer nos os qui sont las de la mousson, des tornades et des inondations. Qu'on nous le dise à la fin : ici, y’a plus de climat continental. C’est devenu les sous-tropiques de latitude fog radioactif.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Suivant les instructions des pilotes, la bande de mouettes du Phare du Sable Rouge prit un courant d'air froid et se jeta en piqué sur le banc de harengs.
...
Délicieux harengs. Délicieux et gros. Juste ce qu'il leur falllait pour reprendre de l'énergie avant de continuer à voler jusqu'à Den Helder, où les rejoindraient les vols des îles Frisonnes.
Le plan de vol prévoyait de continuer ensuite jusqu'au Pas-de-Calais et à la Manche où elles seraient reçues par les bandes de la Baie de Seine et de Saint-Malo, en compagnie desquelles elles voleraient jusqu'au ciel de Biscaye.
Elles seraient alors un millier ...
Ce serait une belle réunion. Comme tous les ans on y raconterait des histoires intéressantes, en particulier celle des mouettes du Cap de Penas, voyageuses infatigables, qui parfois volaient jusqu'aux îles du Cap-Vert.
Type de document : journaux de bord
Auteur fictif : P'tit Gars
Auteur réel : Luis Sepulveda
Provenance du texte : Liste de l'éducation nationale
Référence : Histoire de la mouette et du chat qui lui apprit à voler
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun