Ojem Café

A l'Ojem Café des Halles, c'est la foule des grands soirs. Les serveurs ont du mal à se frayer un chemin entre les tables minuscules où s'agglutinent au coude à coude des travailleurs hagards qui n'ont pas le courage de rentrer chez eux, avant d'effectuer les heures supplémentaires nocturnes obligatoires qu'ils doivent à leur patron.

Les verres de bière jettent quelques éclats ambrés sur leurs visages. C'est la pénombre dans la brasserie. A part quelques candélabres parcimonieux.

Je commande une salade de tomates fantaisie. Et une tranche de vache normandopéruvienne accompagnée de soja amérindien. J'ai lu, dans le dernier numéro électronique de la revue « Sublimations gustatives », que le soja de cette région du monde provenait des meilleurs hybrides. Et s'il y a tant de monde ici, ce n'est pas sans raison ! On y trouve les meilleurs ingrédients et les meilleurs assembleurs culinaires. Et pour un prix dérisoire.

Sur ma tranche de pain reconstitué, les tomates à la peau bleutée palpitent faiblement. La viande me semble divine. Avant de me jeter sur ces portions déjà prédécoupées, je n'oublie pas de prendre la comprimé digestofacilitateur aimablement fourni par le restaurant. On ne sait jamais !

Plus que deux minutes : je dois faire vite, je sens déjà dans mon cou le souffle court et chaud du prochain client pour la table N°124 654.


Type de document : chroniques de Kiméria

Auteur fictif : Cassiopée des Halles

Auteur réel : katecol

Provenance du texte : Cité des Sciences

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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l'usine

Louis, 10 ans, petit voyageur qui se perd souvent en Kiméria, est en train de dessiner un Topos.

"C'est comme un immeuble, tu sais, ces usines carrées. Avec des étages et des fenêtres. Dans chaque pièce, il y a autre chose :
- cours de danse,
- boutique de friandises,
- magasin de jouets, farces et attrapes,
- fruits & légumes,
- marchand de glace,
- librairie,
- classes,
- agence de voyages.

Il y a un ascenseur. C'est grâce à lui qu'on peut aller dans les étages.

Il faut aussi la Police, qui surveille, c'est la sécurité."

Et soudain, Louis glisse. Il oublie le topos et il ajoute une cheminée à son usine et un oiseau "tu sais, un pélican ou un autre oiseau qui mange les poissons".

Mais, pourquoi a-t-il pensé aux oiseaux au milieu du Topos ?

Louis répond : "à cause de l'agence de voyage".

Pensée-réseau.


Type de document : DJ's classes : récits variables

Auteur fictif : Arte Miss

Auteur réel : Louis Molinier

Provenance du texte : CL

Commentaires : 1

Textes satellites : aucun

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