violon-piqueur

Grande scène noire dans la cour du Palais-Royal au-dessus des plots de Buren. Répétition [ cacophonie ? ] : violon électrique dominant. Mal, j’ai mal. Et les gens assis, émerveillés, enchantés; "voler quelques notes de musique". Tout est bon à prendre tant qu’c’est gratuit. MAIS ARRÊTEZ CE VIOLON-PIQUEUR [ famille marteau-piqueur ] !

Les flics passent en VTT, déjà hier aux Halles j’avais vu une patrouille à rollers … l’eau sous les grilles, odeur de vacances, chlore des piscines d’hôtel.

Maintenant une contrebasse. mais qu’il est mauvais, leur ingénieur du son ! Faites-le exécuter tout de suite ! Qu’on réhabilite la peine de mort illico. Je veux ses oreilles sur un plateau ! Et celles des musiciens et celles du compositeur et celles du producteur !

Soudain, oui ! Je comprends : c’est du jazz ! Alternative ? Free? Contemporain ? Expérimental ? Mon Dieu tout-puissant ! Epargnez-moi le jazz ! Je sais qu’au paradis on a mangé le fruit interdit mais, tout d’même ! Depuis l’temps ! Faut pardonner ! Même la rancune a des limites. Par pitié ! Eliminez le jazz de la surface sonore terrestre…

OH NON!C’EST PAS VRAI !ils s’mettent à chanter maintenant!!! Pourquoi ?
Pourquoi ?
Pourquoi ?

C’est la fête de la musique ?
M’en direz tant…

… Ouf ! me suis échappée ! Avenue de l’Opéra, des sirènes, des klaxons, des gaz, des ZOTOS, pleins DOTOS mais pas de JAZZ.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : 1

Textes satellites : aucun

sortants

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promiscuité factice

Ligne 14, BNF, des pas de pvc violets guident les miens, l'odeur du métro, évanescente comme celle de la fleur de sureau, presque absente, presque désagréable, m'emporte dans le gouffre, où chaque moment est une frustration.

Le flux m'éloigne des visages que je croise, les affiches n'ont pas l'occasion d'être lues, le quai égrène sporadiquement des sièges inconfortables, où sont condamnés à rester ceux qui ne sont pas en transit.

S'habituer à marcher. Vite. Monter. Descendre. Stopper net.
Apprécier à peine cet arrêt sur image.
Entrer. Vite. S'asseoir. Céder sa place.
Trouver un appui précaire, tandis que le roulis nous passe au tamis.
Sortir. Vite. Monter. Descendre.
Tourbillonner jusqu'à lair libre.
Promiscuité factice.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Fanfan

Auteur réel : poisson soluble

Provenance du texte : Participation

Commentaires : 1

Textes satellites : aucun

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