Il est fréquent que ceux qui n'ont pas accès au Récit vivent dans le fantasme de ce qui s’est passé au Mont Cimmer, du secret qui aurait été transmis et du pouvoir que les Cimmériens en auraient tiré.
Or:
1. Les Cimmériens en tant que tels n’existent pas : on ne naît pas Cimmérien, on le devient.
2. Le Mont Cimmer n'est pas un lieu au sens propre : c'est un état d'abstraction, de création, de réception.
3. Le Récit révélé au Mont Cimmer n'est pas une narration avec un début, une fin, un contenu : c'est un possible qui advient à chaque instant.
4. La Révélation du Récit n'a pas pris place à un moment du temps : elle est continue.
Il n'y a donc jamais eu de "peuple réuni" au Mont Cimmer pour recevoir un mythe cosmogonique d'origine divine, pour accepter une loi ou pour être investi d'une puissance.
Il y a, Cimmérien après Cimmérien, la découverte des Nœuds et de leur écriture . C'est-à-dire de l'au-delà du mot et du logique.
Les Cimmériens n'héritent pas du Récit de génération en génération : quand une personne - quelle qu'elle soit - accède au Récit, elle devient Cimmérienne, elle rejoint le Mont Cimmer, elle vit l'instant éternel de la révélation et elle intègre la communauté du Récit.
Type de document : DJ's classes : études cimmériennes
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Petit aperçu amoureux de l’année 2001
Janvier/février/mars : petit copain numéro un – il est paranoïaque mais je ne m’en rends pas compte tout de suite, je le trouve difficile à vivre et je deviens de plus en plus nerveuse. Quand il me téléphone 100 fois par jour pour me menacer de me tuer et finit par casser ma porte d’entrée en hurlant "Où sont mes ciseaux, rends-moi mes ciseaux, je veux mes ciseaux", je finis par capter ;
Mai/juin/juillet/aout/septembre : petit copain numéro deux – je ne lui demande rien. Rien de rien de rien. Il promet tout. Tout et tout et tout. Il est souvent absent. Officiellement, à cause de son travail. En réalité, il est maqué depuis une bonne dizaine d’années. Je suis sa maîtresse et je l’apprends par hasard ;
Novembre/décembre : un street shaman, drôle, sexy, mais complètement irrégulier. Me plante lapin sur lapin et ne me prévient jamais. Mais qu’est-ce que je dois faire ? Ce n’est pas dans le "streetforce manuel du DJ" que j’vais trouver une réponse ! Encore moins chez les copines : elles ont plus de principes qu’il n’y a de lois dans le code officiel du XIU ;
En filigrane : liaison amusante, sans régularité ni conséquence. Mais l’amant en question s’avère être un chasseur de prime du XIU. Je le laisse filer avant de me faire démasquer et de finir reconditionnée.
Et avant 2001?
Une drag queen, un escroc, un espion, un gigolo, un assassin recherché par la police, un minet qui rêve d'une Ophélie Winter chinoise, un guru crudivore, un radin, un dominateur sm, un mythomane, quelques traumatisés du "maman m'a fait mal" et d’autres du "papa était méchant", un pervers fétichiste, un voleur en fuite, deux ou trois machos qui voulaient tout diriger, quelques mondains très ennuyeux, une paire de partouzeurs démasqués et remerciés et une autre d’hypocondriaques anxieux, des beaux gosses sans cervelle, des cervelles sans libido, un narcisse qui ne parlait que de lui, une flopée de vampires et une autre de parasites.
Et depuis 2001?
Un grand voyageur des 3 Espaces que je rencontre de temps à autres au détour d'un vortex…
Vie de DJ. Femme. Capitaine.
J'en suis lasse, Arte Miss, lasse.
Je vais raccrocher.
Comment fais-tu, toi ?
22/10/2002
à Arte Miss
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun