Loula eut envie de revenir chez ses parents ; mais en se rappelant le lit aux barreaux de fer, la lanière qu'on nouait la nuit à sa cheville pour éviter qu'elle ne s'enfuie, le portail toujours fermé, si haut, si lourd, elle pensa que maintenant elle ne pouvait plus se faire à cette vie-là et qu'il valait mieux rester ici. Dans cette Cour des Miracles qui rassemblait des peaux de chamois et des étoffes d'Orient, des jambes de bois et des carrosses d'argent, des longues vues et des attachés-cases, des échasses et des pantoufles de vair, des poudres d'aurore et des reliques amères. Dans ce Paris où il ne venait plus que très rarement. Dans la ville de son oubli. Lui, le sien. Son oubli d'elle, son refus d'eux. Son abandon, sa désertion.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Griotte
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : La chèvre de Monsieur Seguin, Alphonse Daudet
Commentaires : 1
Textes satellites : aucun
Place Sainte Catherine. Une vraie petite place de village, silencieuse, piétonne, carrée, avec des arbres, des bancs, des terrasses, des tas de restaurants - blinisserie pitchipoï – un rien désuet – très nostalgique – blinis, gefilte fish, plats russes, harengs, saumons sauvages, tarama, crème d’aubergine et vrai bon gâteau au pavot ! Un délice... si la seconde guerre n’avait pas décimé ma famille, ma grand-mère m’aurait appris à cuisiner tout ça.
Mon voisin de table me dit : "la plus grande zone érogène, c’est l’intelligence".
Oui … chez lui peut-être…
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun