Voix I : Perceneige revient.
Voix II : Elle a retrouvé le chemin.
Voix I : Elle n'est pas seule. Avec elle, une petite fille.
Voix II : Perceneige revient et elle se souvient.
Voix I : Elle se souvient de sa mère.
Voix II : De leur vie dans cette maison.
Voix I : De la façon dont se vivait le temps.
Voix II : Elle se fige. Elle est transie.
Voix I : Et l'enfant ?
Voix II : L'enfant n'a pas de souvenirs, que de la curiosité.
Voix I : Elle lâche la main de Perceneige et s’élance.
Voix II : s'éparpille.
Voix I : Elle va là où Perceneige ne peut plus aller.
Voix II : ... ne sait plus...
Voix I : Que voit-elle, dis-moi ? Que voit-elle là où Perceneige ne sait plus aller...
Voix II : Elle voit ce que peu savent voir. Elle touche ce que peu savent toucher.
Voix I : Le numéro 7 ?
Voix II : Quelle évidence.
Voix I : Et après ?
Voix II : Après ?
Voix I : Oui : et après ?
Voix II : Non, pas « après » : « alors », « et alors ». Alors, elle se souvient.
Voix I : Elle n'a pas ouvert le carnet tout de suite.
Voix II : Elle a attendu.
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Voix I & Voix II
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Les Halles sont le monument par excellence [instance publique monum] : elle relèvent de l’architecture, de l’urbanisme, de la culture, du social, du commerce, de la géographie, de l’anthropologie, de la technologie, de la délinquance, de l’art, de la géologie, de l’histoire. Elles sont "mythe" et réelles, vivantes et "fantasme". Lieu de transit, cœur de Paris [croisement d’artères], construites sans hiérarchie mais en réseau [nœuds, carrefours, connexions, couloirs des dimensions cardinales et transversales], elles sont la matérialisation de la modernité jusque dans ses angoisses et ses paradoxes [nécessaires et niées, elles ne recueillent que le mépris]. Je revendique les Halles comme expression de beauté, de rencontre, de joie, de bien-être, d’intérêt, de sécurité, d’enrichissement intellectuel et humain. Je les revendique comme le véritable microcosme des temps modernes [ musée in situ et in vivo, laboratoire d’observation et d’expérience, territoire ] [DJ's carrefour] [vortex]
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun