Neruda anodin, tu m’as appris à tout versifier, à bien regarder, sentir et écouter, à devenir transparente pour mieux attraper des mots de rien du tout, des tout petits riens, des éternuements et des atermoiements, des grains et des frissons, des poteaux et des nuages, des choux et des métiers, sans honte, sans crainte : l’hermétique est beau, il est bon, l’anodin aussi.
Non, tu n’es pas simple comme un Prévert. Tu es simple comme une photographie verbale trempée dans les salins du Pacifique : les mots sont la matière des images, pas les couleurs, pas les formes ni les espaces.
A Pablo Neruda
Type de document : vers
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
- Je m’étais arrêté où la dernière fois ?
- Aux maîtres habiles
- Oui mais c’était quel poème ?
- Le 15
- Tu crois que c’est déjà l’été ?
- On dirait .
- Et c’est quel mois à ton avis ?
- Juillet
- Regarde, je suis cap de te dire en un seul coup d’œil combien y’a de grains dans cette tasse.
- Combien ?
- 1976
- Et maintenant ? T’imagines quand même pas que je vais les compter pour voir si t’as dit vrai !
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun