Neruda anodin, tu m’as appris à tout versifier, à bien regarder, sentir et écouter, à devenir transparente pour mieux attraper des mots de rien du tout, des tout petits riens, des éternuements et des atermoiements, des grains et des frissons, des poteaux et des nuages, des choux et des métiers, sans honte, sans crainte : l’hermétique est beau, il est bon, l’anodin aussi.
Non, tu n’es pas simple comme un Prévert. Tu es simple comme une photographie verbale trempée dans les salins du Pacifique : les mots sont la matière des images, pas les couleurs, pas les formes ni les espaces.
A Pablo Neruda
Type de document : vers
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Il m'a retrouvée.
Après tant d'années, il m'a retrouvée.
Et tous ces souvenirs sur lesquels j'avais bâti mon écriture, toute la légende de l'adieu, de la séparation, de l'absolu / l'errance de lui que j'ai vaillament transformée en exploration des 3 Espaces / le déchirement qui est devenu sillon, qu'en restera-t-il ?
Vient-il brandir l'épée incandescente ?
En est-il capable ? En ai-je envie ?
Suis-je prête à oublier que je suis Capitaine ?
A-t-il seulement entendu parler du voyage ?
Peut-il imaginer qui je suis…
Lui-même, est-il …
Je dois faire attention. Trop d'émotions, trop d'obsessions, inhibent ma capacité au voyage. Et, je ne peux pas me permettre de baisser ma vigilance.
Type de document : carnets personnels
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Référence : La Espada Encendida, Pablo Neruda
Commentaires : 1
Textes satellites : 1