Tous les mardi soirs, rue de Lille (perpendiculaire à la rue du Bac), je passe devant la maison des dames télégraphe et téléphone. Architecture magistrale. Bâtiment magnifique. Les fenêtres immenses du bar-restaurant laissent entrevoir la vie d'un autre temps et je ne voudrais pour rien au monde y entrer: de ce côté-ci, j’ai l’impression d’avoir vue sur la belle époque. De l’autre côté, que me resterait-il ?
au Dottore Pi
Type de document : correspondances
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Je fais depuis que j'ai 20 ans une collection des plus étonnantes. Une collection dont je suis la seule à pouvoir jouir. Je la constitue très méticuleusement. Elle agit comme un impératif dans mes itinéraires de voyage.
Je collectionne les vues du monde depuis les balançoires. Point de vue haut ou bas. Prise fixe ou mobile. Par tous les temps. Partout. Absolument partout.
Instantanés de mémoire. Exercice intime. Droit au secret. Vous ne verrez jamais aucune de mes balançoires. Et elles sont les plus belles. Au crépuscule, sous la pluie, dans la terre boueuse, dans le péril des bidonvilles, dans l'essouflement du jeu qui cherche à crever la peine des séparations passées et à venir.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun