J'ai fait un discours aujourd'hui, un discours que je ne pourrai plus jamais refaire.
C'est une douleur affreuse.
J'aurais aimé garder les mots. Mais non.
Je ne pourrai plus jamais les reproduire, les construire, de la même manière.
C'est comme si vous aviez eu - à un moment donné dans vos randonnées, dans vos voyages - une espèce de vision qui vous aurait subjugué et dont vous auriez su qu'elle était unique.
Mais comme on se trompe tout le temps - sur les gens, sur la vie, sur nous-même - c'est sur le moment seulement qu'on pense qu'elle est unique. Mais, elle ne l'est pas vraiment ...
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Le Troubadour
Auteur réel : Ben
Provenance du texte : Printemps de la Démocratie
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"Me rend" se traduit-il ¿ me vuelve o me torna?
Cette distinction, de la langue castillane, qui oppose "volverse" à "ponerse/tornarse" manque à la langue française.
Elle introduit la problématique de la [ permanence/impermanence ] de la transformation : Quand la modification est [ irréversible ], on emploie [ volver ] ; quand elle est [ passagère ], on lui préfère [ tornarse ] ou [ ponerse ].
Il est intéressant de noter que [ volver ] signifie par ailleurs [ revenir ], comme si un changement définitif n’était pas une évolution mais une involution, le retour à un état naturel perdu.
Pour ma part, j’ai beaucoup de mal à utiliser "volver" car je ne sais pas croire au définitif, aux jamais et aux toujours. C’est pourquoi je me joins à Mercedes Sosa pour chanter :
"Cambia lo superficial, cambia también lo profundo, cambia el modo de pensar, cambia todo en este mundo ... y asì como todo cambia que yo cambie no es extraño"
"change le superficiel, change aussi l'essentiel, change la façon de penser : dans ce monde tout doit changer ... et puisque tout change, si moi aussi je change, pourquoi s'en étonner ?"
Type de document : DJ's classes : études comparées
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun