Charlotte

Je me suis baladée avec Charlotte au POPB.
Elle est complètement folle !
Les gens sont bouche bée dès qu'ils la croisent.

Elle déclame des poèmes à haute voix.
Elle crie à tue tête.
Elle fait le griot
ou peut-être,
au féminin, doit-on dire la griotte

Son engagement à elle, c'est les mots,
les vers et les proses.

Elle édite un reader's digest poétique sur internet.
Mais comme je ne sais pas lire, je préfère l'écouter.

Elle organise aussi des lectures poétiques
dans les bibliothèques, les bars, les boulangeries et les restaurants.

Elle a fondé une association, d'ailleurs.

Dans le 19ème.

Une association qui s'appelle Chemins qui ne mènent nulle part.

Nulle part, c'est bien.


Type de document : chants des petits griots

Auteur fictif : Miss Tigri

Auteur réel : Marie-Violaine

Provenance du texte : Printemps de la Démocratie

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

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le royaume d'Esméralda

La Cour des miracles, bien sûr, c’est le royaume d’Esméralda l’égyptienne, la dompteuse de l’extrême, la danseuse de la mort, la sauveuse de poète, la malheureuse, la mal aimée, assassinée pour la vérité de ses désirs, une grande dame.

C’est Angélique aussi, nommée la merveilleuse, marquise des mendiants et des voleurs, voyageuse des fonds de cales, qui perd encore et sans cesse tout ce qu’elle a conquis, Robert Hossein et l’alchimie, son palais et sa famille.

Terrible association entre un mythe total et un fantasme kitch : il est tant de référents dans notre imaginaire !

Aujourd’hui, j’aurais situé "la Cour des Miracles" quelque part dans le 18ème, vers "la goutte d’or" : les deux noms ont l’air d’être en filiation directe, vous ne trouvez pas ?

Et pourtant, non. La Cour des Miracles se nichait à proximité des Halles. Bien sûr ! Quel autre territoire aurait pu davantage tenter les brigands et les voyous ? Elle s’abritait au pied de la muraille de Charles V, entre la rue de Damiette et la rue des Forges.

Détruite en 1667 sur ordre du lieutenant de police La Reynie, elle s’est reconstituée au 18ème siècle.

Véritable cour, elle avait un roi - le roi des thunes, le coësre - et des délictueux officiers aux noms délicieux : archi-suppôts de l’argot, cagoux, coquillarts, courteaux de boutanche, calots, capons, francsmitoux, malingreux et autres marcandiers.

On dit qu'elle existe toujours, de l'autre côté …


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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