neruda élémentaire

J’ai grandi dans la ville. Je n’aimais pas la campagne. Je craignais son ennui, son silence. Comme si les arbres allaient m’éloigner des bibliothèques et de la vie.

Mais j’ai entendu tes vocables issus de la terre, Neruda élémentaire. Etrange mélange volcanique de pluie, d’océan, de désert et de glace et j’ai pleuré. J’ai commencé à languir de ces montagnes lointaines qui ne m’appartenaient pas. Je me suis réapproprié la langue de mes ancêtres andalous qui n’avaient pas eu le droit de naviguer.

Tu m’as appris que les mots silice, limon, mélèze, caïman, nitrate, anaconda, toucan, fer, tronc, souche, maïs, cuivre, soufre, céréales , jungle, feldspath, insectes étaient des poèmes et que les adjectifs équinoxial, forestier, minéral, métallique, souterrain, germinal, caudal, pédiculé étaient des intonations.

J’ai parcouru alors, de mes pieds nus, les sentiers andins, les versants ensablés, les lagunes vertes et les plaines fangeuses pour arriver sans détour là où le verbe jaillit et meurt.

A Pablo Neruda


Type de document : correspondances

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

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magnifique quatrième

Magnifique quatrième, rive droite dans toute sa splendeur et sa folie !
Dans le quatrième, tout est possible : on danse, on mange, on fait la fête, on étudie, on célèbre l’art, on se promène, on s’arrête, on vit le jour, on vit la nuit : le quatrième c’est tout Paris !
Gay, straight ou bi, sérieux ou futile, rangé ou dérangé, curieux ou blasé, religieux ou laïque, égoïste ou civique, XIU mercenaires ou streetforce DJ, classique ou mégamoderne, qui ne trouve une raison de s’y exalter ?
Du Châtelet à la Bastille, du Centre Pompidou à l’île Saint Louis, de Notre Dame à la rue Des Rosiers, de Saint-Michel à Beaumarchais, sans oublier la Place des Vosges, l’Arsenal, le Marchés aux Fleurs, le Marché aux Oiseaux, l’Hôtel de Ville et l’Hôtel Dieu : mais s’il fallait vivre une quarantaine, un siège ou un Décaméron, c’est ici que je demanderais à être enfermée de mon plein gré!


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

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