Et si j’les zem, les Halles, j’y peux rien. J’aime leurs gueules, j’aime leurs bandes, j’aime leurs locks de rastas, j’aime cette faune à laquelle j’appartiens pas, j’aurais beau essayer, c’est comme ça. C’est comme les blacks, elles sont trop belles avec leur boum qui bounce et leur bouche qui dance tandis que moi j’reste plate. Bonne pour le musée d’histoire naturelle com’dit ma fille.
Ouais, j’voudrais toujours m’y promener, m’en fous des odeurs qui puent derrière les chevaux de bois et des types qui t’branchent avec leurs sondages, leur drogue, leur couteau ou leur stupre. J’donnerais ma vertu pour m’éclabousser à la fontaine des Innocents ou à la cascade Saint Eustache
[ là où une main sans bras tient une tête sans cou ].
D’ailleurs je l’ai déjà donnée.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Le bruit du papier kraft qui empaquette le savon de marseille à la lavande acheté dans l'échope mystérieuse de la rue Molière.
Deux vendeuses placides - deux sœurs ? - assises dans la pénombre entre les tasses de porcelaine, les ours en peluche et les boîtes banania.
Et les rangées de savon de Marseille. À la fleur d'oranger, à la vanille, au jasmin, à la cannelle. Rose, brun, blanc, violet.
Il Dottore Pi m'accompagne. Il est de passage dans notre époque. Il plaît aux tenancières.
Un passage n'est pas très loin… Je le sens…
Type de document : carnets du jeu
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun