Escalators.
Escalators, je vous bénis.
Vous qui ouvrez sur le ciel,
Qui transpercez les souterrains
Vers la lumière transcendante de Paris,
Gorges de salut
Des claustrophobes unifiés.
Escalators mécaniques et stratégiques,
Points de vue ou de chute, opérateurs efficients d’un travelling transversal,
- plongée, contre-plongée –
Coupes coopérantes des strates multiples,
Régents tout puissants
Des marées et contre-marées,
Chiasmes des montées et descentes
Sans rencontre aucune
Ni même regard,
Cordes vocales des soliloques estropiés.
Vous êtes les seules passerelles,
Les seuls passages, les vrais.
Escalators.
Escalators, je vous adore.
Et encore, encore,
Je veux être votre témoin,
Votre alliée, votre aède.
Si Jacob a monté son échelle,
Je peux bien avoir mes escaliers.
Type de document : streetchroniques
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
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Textes satellites : aucun
Le bruit du papier kraft qui empaquette le savon de marseille à la lavande acheté dans l'échope mystérieuse de la rue Molière.
Deux vendeuses placides - deux sœurs ? - assises dans la pénombre entre les tasses de porcelaine, les ours en peluche et les boîtes banania.
Et les rangées de savon de Marseille. À la fleur d'oranger, à la vanille, au jasmin, à la cannelle. Rose, brun, blanc, violet.
Il Dottore Pi m'accompagne. Il est de passage dans notre époque. Il plaît aux tenancières.
Un passage n'est pas très loin… Je le sens…
Type de document : carnets du jeu
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun