des nouvelles de la police

Au 1er février 2004, le Haut Commissariat aux Affaires culturelles du XIU prît une décision qui fit date : tous les documents officiels devaient être typographiés dans la police de caractères « Times » de taille 14, et non plus en « Courier New » de taille 12 comme cela se faisait depuis des décennies.

Il est pour le moins étrange de constater qu’en parallèle les tenants de la Culture académique (qui la dénomment entre eux depuis bientôt un demi-siècle « contre-culture »), se sont entichés de la fonte Courier, celle-là même qui vient d’être abandonnée… Pas un site de l’internet sur la littérature électronique qui n’en fasse usage !

Or, déjà pointe en 2007, l’arrivée d’une autre police appelée à remplacer « Times », la « Calibri », digne progéniture issue de l’union consommée entre Times et Arial.

L’uniformisation du monde passe maintenant par le sérif avec des accents de « sans » … Titrage et corps de texte pourront être logés à la même enseigne. La mise en page est désormais régie par la feuille de style obligatoire. Tous les fondeurs indépendants ont d’ailleurs disparu. Aujourd’hui, fabriquer artisanalement une police de caractère constitue un acte de rébellion caractérisé ; nul ne peut conférer au texte une apparence qui n’ait pas été commercialement approuvée par le Consortium de la Lettre.

Enfin, n’oublions pas que l’objectif à terme, malgré une volonté officielle et affichée de respecter toutes les singularités linguistiques et culturelles, est de faire coexister uniquement trois polices de caractères dans le monde : une latine (la Calibri dans sa version anglo-saxonne), une chinoise et une arabe. Les autres langues du globe sont sommées de choisir l’une ou l’autre de ces polices.


Type de document : DJ's classes : le XIU

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Christophe Molinier

Provenance du texte : Participation

Commentaires : 1

Textes satellites : aucun

sortants

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déesse chimère

Petit jeu :
J'imagine …

Des chercheurs d'un autre monde, observent Paris, l'étudient. Période : 2001-2002-2003-2004-2005. Et ils tirent les conclusions suivantes:

"Les Parisiens vouent un culte public et absolu à une déesse chimérique,
mi-léopard — mi-papillon — hermaphrodite — menthe religieuse — guenon au pagne d'or — Sainte Vierge en Assomption.

Suivant les saisons, elle invoque des rites commerciaux différents et convoque ses ouailles dans un temple en forme de galeries.

Son culte implique qu'on la consomme sous forme de petits œufs noirs de poissons, double héritage chrétien [symbole archaïque du christ, d'une part, et hostie, de l'autre].

En convolant dans l'allégresse avec un géronte, cette déité promet une vigueur sexuelle absolue à tous les hommes. Mais, paradoxalement, elle menace ceux qu'elle aguiche de deux longs pics pointus qui couvrent ses seins, révélant ainsi le tabou absolu du corps féminin qui est dénudé pour mieux être prohibé.

Ce culte semble emporter l'assentiment général car l'espace public dans son entier est voué - sans protestation ni soulèvement - à l'adoration de cette figure païenne ."


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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