Loula chez le Roi

Loula se rend devant le château du Roi des fous.
Elle demande aux gardes : « Puis-je voir le Roi, s’il vous plait ? »
Les gardes hésitent car ils ne la connaissent pas.

L'un d’entre eux se met à rire : « Ha ha ha! Une petite fille comme toi, aller voir le Roi ! »

Elle s’agenouille et distrait les gardes en leur racontant des bêtises. Les gardes sont convaincus et ils la laissent passer.

Arrivée dans le château, elle frappe à la porte et entre doucement, à pas de velours.
Puis, elle voit le Roi et elle lui dit : « Oh ! Ma chère Majesté ! J’ai une requête à vous présenter. »

Le Roi la regarda d’un air bizarre. Puis, la petite s’agenouilla de nouveau et dit :
« Oh ! Roi, donnez-moi le droit de dormir à la Cour des Miracles ! »
« Tu sais bien que ce n’est pas autorisé pour les petites filles comme toi. Il faut être fou, ou voleur, ou poète ou saltimbanque pour dormir à la Cour des Miracles.»
« Ne vous inquiétez pas, il n’y a pas de danger pour moi. J’ai déjà de l’expérience. »
« Quel genre d’expérience ?»
« Effectivement, j’ai de l’expérience dans les histoires.»
« Mais laquelle très exactement ?»

Alors Loula raconte une petite histoire et le Roi est convaincu et il l’autorise à dormir à la Cour.

Loula sort du château aussi vite qu’elle peut.


Type de document : chants des petits griots

Auteur fictif : Miss Tigri

Auteur réel : Fatou

Provenance du texte : Mission Possible

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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se tait

Elle ne parle pas et elle se tait.
Elle ne dit rien et elle se tait.
Elle ne dessine pas et elle se tait.
Elle ne touche pas à la pâte à modeler, à la terre glaise et aux autocollants multicolores.

Elle se tait.
Elle reste droite et immobile.

Elle doit faire très attention à ne pas bouger :
Rien ne doit bouger, rien de rien :
Rien du tout :
Ni le riquiqui, ni le rififi, ni le quincampoix :
Ni les boules de citron, ni les grandes décisions, ni les bifurcations :
Ni les cils, ni les sourcils, ni les doigts :
Ni les joues, ni les oreilles, ni les émois.

Même si ça gratte, même si ça siffle, même si ça chatouille, même si ça frissonne.
Rien ne doit bouger.

Elle ne doit rien voir et elle ne doit rien entendre.
Elle ne veut rien dire et elle ne veut rien se dire.
Elle veut uniquement sentir.

Le plus difficile, c’est la respiration.

Parce que, quand l’air sort et quand l’air entre par les narines, il fait onduler le duvet de sa peau.

ET :
Quand on regarde en très gros plan avec les yeux du dedans :

C’est aussi long et aussi fort qu’un champ de blé qui se plie et qui se replie sous le passage du vent du nord.

Pas un tremblement de terre, d’accord.
Pas un raz-de-marée, O.K.
Un champ de blé.
Mais c’est très grand, un champ de blé.
C’est très-très grand.

Elle pourrait retenir sa respiration, d’accord.
Mais alors :

Au bout d’un moment elle étoufferait,
Elle serait obligée de prendre un grand coup d’air,
Toute sa poitrine se soulèverait,
Sa bouche s’ouvrirait énorme.

Et là, ce serait la catastrophe :

Elle aurait perdu et il faudrait tout recommencer.

Non !
Il faut apprendre à respirer sans bouger avec autre chose que l’air :

Quelque chose qui traverserait le corps mais qui ne passerait pas par le nez.
Quelque chose qui ferait du mouvement sans rien bouger. Quelque chose de doux, de chaud, d’électrique. Quelque chose de bon.
Quelque chose qu’elle connaît mais qu’elle ne sait pas nommer.

(quand Loula va chez Françoise Boutboul)


Type de document : chants des petits griots

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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