pomme et café

Le modèle d’un topos crée son identité. C’est par son modèle que le topos atteint la singularité. Le modèle est à la fois le genre et le style, le ton et le sujet.

Pour chaque topos sont ainsi définis — en fonction de ses usages et objectifs — des attributs, des catégories, des thèmes, des règles, des types de documents, des dispositios, etc.

Dans le topos 3 ESPACES du Capitaine L., deux thèmes semblent dénoter avec l’ensemble du réseau thématique : le café et les pommes.

Pourquoi ces deux thèmes qui ne sont en lien ni avec Paris ni avec les Nouvelles Technologies, axes principaux de l’argument ?

La première réponse, la plus simple, serait de dire : parce que.

Parce que dans cette insensé-là se crée la singularité et l’identité. Puis vient une seconde réponse, que je ne vous livrerai pas mais que vous chercherez et dont voici un indice : parce que le café et les pommes renvoient à une problématique souterraine du topos 3 ESPACES, une problématique incarnée par Loula le Chantre dont le Capitaine retrace les mésaventures et les exploits dans la section Rhapsodie de son récit variable imprimé clandestin, L’ODYSSÉE DES 3 ESPACES.


Type de document : DJ's classes : récits variables

Auteur fictif : Arte Miss

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : CL

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

sortants

> changer les liens

se tait

Elle ne parle pas et elle se tait.
Elle ne dit rien et elle se tait.
Elle ne dessine pas et elle se tait.
Elle ne touche pas à la pâte à modeler, à la terre glaise et aux autocollants multicolores.

Elle se tait.
Elle reste droite et immobile.

Elle doit faire très attention à ne pas bouger :
Rien ne doit bouger, rien de rien :
Rien du tout :
Ni le riquiqui, ni le rififi, ni le quincampoix :
Ni les boules de citron, ni les grandes décisions, ni les bifurcations :
Ni les cils, ni les sourcils, ni les doigts :
Ni les joues, ni les oreilles, ni les émois.

Même si ça gratte, même si ça siffle, même si ça chatouille, même si ça frissonne.
Rien ne doit bouger.

Elle ne doit rien voir et elle ne doit rien entendre.
Elle ne veut rien dire et elle ne veut rien se dire.
Elle veut uniquement sentir.

Le plus difficile, c’est la respiration.

Parce que, quand l’air sort et quand l’air entre par les narines, il fait onduler le duvet de sa peau.

ET :
Quand on regarde en très gros plan avec les yeux du dedans :

C’est aussi long et aussi fort qu’un champ de blé qui se plie et qui se replie sous le passage du vent du nord.

Pas un tremblement de terre, d’accord.
Pas un raz-de-marée, O.K.
Un champ de blé.
Mais c’est très grand, un champ de blé.
C’est très-très grand.

Elle pourrait retenir sa respiration, d’accord.
Mais alors :

Au bout d’un moment elle étoufferait,
Elle serait obligée de prendre un grand coup d’air,
Toute sa poitrine se soulèverait,
Sa bouche s’ouvrirait énorme.

Et là, ce serait la catastrophe :

Elle aurait perdu et il faudrait tout recommencer.

Non !
Il faut apprendre à respirer sans bouger avec autre chose que l’air :

Quelque chose qui traverserait le corps mais qui ne passerait pas par le nez.
Quelque chose qui ferait du mouvement sans rien bouger. Quelque chose de doux, de chaud, d’électrique. Quelque chose de bon.
Quelque chose qu’elle connaît mais qu’elle ne sait pas nommer.

(quand Loula va chez Françoise Boutboul)


Type de document : chants des petits griots

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.

.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.