Que trouve-t-on dans les archives du XIU ?
Des objets :
- le Théâtre de Mémoire de Giulio Camillo Delminio représentant, selon certains, toute la connaissance des 3 Espaces ;
- des cartes et bestiaires inattendus ;
- des vortex artificiels qui ont été confondus avec des objets sacrés;
- les photographies d'Isidore Ducasse.
Des textes :
- le deuxième livre de la Poétique d'Aristote sur la Comédie et ses dialogues disparus portant sur son enseignement ésotérique ;
- le livre du Giulio Camillo Delminio révélant le secret du fonctionnement de son Théâtre de Mémoire, livre qui n'a jamais été publié mais qui a été écrit ;
- The History of Cardenio, pièce jamais imprimée de messieurs Fletcher et Shakespeare ;
- le texte véritable et intégral de Si par une nuit d'hiver un voyageur , récit qui est au cœur de l'intrigue du roman éponyme d'Italo Calvino ;
- les tapis mayas et les tapis cimmériens.
ainsi que les recueils de poésie, les pièces de théâtre et les traités de voyage que j'ai écrits et que j'ai perdus.
Les vôtres aussi.
Type de document : DJ's classes : le XIU
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Elle ne parle pas et elle se tait.
Elle ne dit rien et elle se tait.
Elle ne dessine pas et elle se tait.
Elle ne touche pas à la pâte à modeler, à la terre glaise et aux autocollants multicolores.
Elle se tait.
Elle reste droite et immobile.
Elle doit faire très attention à ne pas bouger :
Rien ne doit bouger, rien de rien :
Rien du tout :
Ni le riquiqui, ni le rififi, ni le quincampoix :
Ni les boules de citron, ni les grandes décisions, ni les bifurcations :
Ni les cils, ni les sourcils, ni les doigts :
Ni les joues, ni les oreilles, ni les émois.
Même si ça gratte, même si ça siffle, même si ça chatouille, même si ça frissonne.
Rien ne doit bouger.
Elle ne doit rien voir et elle ne doit rien entendre.
Elle ne veut rien dire et elle ne veut rien se dire.
Elle veut uniquement sentir.
Le plus difficile, c’est la respiration.
Parce que, quand l’air sort et quand l’air entre par les narines, il fait onduler le duvet de sa peau.
ET :
Quand on regarde en très gros plan avec les yeux du dedans :
C’est aussi long et aussi fort qu’un champ de blé qui se plie et qui se replie sous le passage du vent du nord.
Pas un tremblement de terre, d’accord.
Pas un raz-de-marée, O.K.
Un champ de blé.
Mais c’est très grand, un champ de blé.
C’est très-très grand.
Elle pourrait retenir sa respiration, d’accord.
Mais alors :
Au bout d’un moment elle étoufferait,
Elle serait obligée de prendre un grand coup d’air,
Toute sa poitrine se soulèverait,
Sa bouche s’ouvrirait énorme.
Et là, ce serait la catastrophe :
Elle aurait perdu et il faudrait tout recommencer.
Non !
Il faut apprendre à respirer sans bouger avec autre chose que l’air :
Quelque chose qui traverserait le corps mais qui ne passerait pas par le nez.
Quelque chose qui ferait du mouvement sans rien bouger. Quelque chose de doux, de chaud, d’électrique. Quelque chose de bon.
Quelque chose qu’elle connaît mais qu’elle ne sait pas nommer.
(quand Loula va chez Françoise Boutboul)
Type de document : chants des petits griots
Auteur fictif : Anonyme
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun