En me promenant à travers les noms qui désignent les différents types de recueils, je me suis arrêtée au "spicilège" de "spicilegium", action de glaner. Le "spicilège" réunit des actes, des documents, des essais, des notes, des portraits, des maximes, des observations ...
Si j’avais eu le choix, j’aurais nommé le genre littéraire dont le récit variable dérive "spicilège" plutôt que "bréviaire ", préférant la notion de glanage à celle d’office divin, de sacralité, d’église et de louange.
Mais voilà, je ne peux pas choisir, d’autres ont décidé avant moi et telle est la loi fondamentale de la langue. Nous sommes tenu
Peut-être pourrions-nous lancer un street référendum ? Après le roman et avant le récit variable que préférez-vous lire ? Le spicilège ou le bréviaire ? Souhaitez-vous associer la littérature au glanage ou au sacré ?
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
"Allez-y ! Punissez-moi !
Envoyez-moi en colonie, en montagne, à la mer.
Allez-y ! Extrayez-moi ! Bannissez-moi ! Exilez-moi !"
- Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Loula, tu ne vas pas en colonie, nous partons tous ensemble !
- Ne t’inquiète pas, mamour, on ne va pas te laisser toute seule…
"Je ne veux pas partir, pas de dépaysement
surtout pas de vacances, je ne veux pas de changement !
Je ne veux pas trahir la verve qui me chavire,
gardez vos paysages, reprenez vos voyages.
Je ne veux pas partir, je veux Paris, seulement."
- Parle normalement chérie, s’il te plaît ! Parle normalement, fais-moi plaisir...
- Et prends ton sac, ma puce ! Je ne peux pas tout porter !
"Ici ou là
Je suis l’agent de liaison"
- Elle ne comprend même pas ce qu’elle dit ! Tu ne comprends même pas ce que tu dis ...
- Voyons, arrête ! Laisse-la s’exprimer enfin ! Tu t’étonnes, après, qu’elle fasse des fugues ! Mais si tu ne la laisses jamais parler, c’est normal qu’elle ...
- Pas devant les enfants, tu veux ? Tout à l’heure ...
- Tout à l’heure, nous ne serons pas seuls non plus, nous serons dans le train.
- Tout à l’heure.
"En ville ou à la campagne,
en France ou en Italie,
A Vigevano ou à Issy
Quelle différence ?"
- Qui a la mallette de jeux ?
- C’est moi !
- Fais bien attention à ne perdre aucun pion ...
- On jouera aux petits chevaux, dis ?
- Oui.
- Et la belote, tu m’apprendras à jouer à la belote ?
- Tu es trop petite.
- T’es méchant, tortue, tu dis toujours ça ...
- Je suis pas méchant, c’est comme ça. Loula aussi, elle est trop petite pour la belote.
- C’est parce que tu veux être le seul à jouer avec papa et avec maman.
"Autant d’illusions que je subis ?
Mais je suis Ici
Et, ici, profondément :
C’est toujours Paris"
- C’est très joli ma chérie, mais on doit partir maintenant, d’accord ?
- C’est très joli ? C’est n’importe quoi, oui ! Et toi tu l’encourages, de mieux en mieux. Il faut ramener cette petite dans le réel, dans la ré-a-li-té ! Tiens, porte-la, toi, la mallette de jeux, Loula ! je te nomme "responsable de la mallette". Et chante des comptines, des comp-tines !
-"Pomme de reinette et pomme d'api, tapis, tapis, tapis rouge, pomme de reinette..."
"Je suis le chantre, je suis le chantre, l’agent de li-ai-son.
Je suis le chantre, je suis le chantre, l’agent de li-ai-son..."
15 juillet 1976 + 2ans
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun