grandes enseignes

Les grandes enseignes rassurent.

Où que l'on soit, on n'est jamais perdu puisque le sigle appelle, lumineux au milieu de l'inconnu. Puisque les portes du temple sont ouvertes.

Le phénomène est particulièrement flagrant quand on arrive la nuit dans une ville. Les noms s'étalent en rouge, en vert, en bleu. Véritables veilleuses dont la fonction est de tranquilliser l'enfant effrayé.

Dors, petit, dors, la société de consommation veille sur toi.


Type de document : streetchroniques

Auteur fictif : Capitaine L

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Printemps de la Démocratie

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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Virilio

Monsieur Virilio nous apprend que les images enregistrées et projetées ne sont pas les descendantes directes de la peinture mais celles de la lumière électrique, que les objectifs et caméras en tout genre ne remplacent pas les pinceaux mais les lunettes : les technologies d’enregistrement et de projection servent à voir, pas à faire semblant.

Comme la lumière montre ce que le noir cache, ces technologies montrent ce que le temps et/ou la distance ne nous permettent pas de voir et d'entendre ; d'une certaine manière elles font comme si le temps et l'espace n'existaient pas et que seuls existaient l'ici, le point où je suis, et la vitesse qui me donne l'image que j'attends.

Je ne bouge plus et tout vient à moi. Je deviens le centre de tout. De tout ? En tout cas pas du réel, le réel qui prend forme dans le relief. Je deviens le centre d'un imaginaire qui habite la surface plate des écrans.

(remix 47)


Type de document : chants des griots

Auteur fictif : Anonyme

Auteur réel : Carole Lipsyc

Provenance du texte : Noyau liminaire

Commentaires : aucun

Textes satellites : aucun

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