[ relaxation ]
Imaginez un espace. Un espace sans limite, sans bord. Un espace étoilé.
Et vous, le voyageur, vous tracez votre itinéraire entre les points stellaires au gré de votre volonté.
Votre véhicule est le lien; votre portail, le zapping et votre énergie, le désir.
[ relaxation ]
Et si vous n’avez pas besoin de vaisseau, c’est parce que vous naviguez au sein d’un univers où le continuum a remplacé la différence des régimes formels : désormais sons, images et textes ont été codifiés – encodés – en un langage universel, binaire et numérique.
[ relaxation ]
[ warning ]
Ceci n’est pas le paradis.
Le mythe de l’union primordiale / finale ne se réalise pas dans la virtualité du réseau infini numérique.
[ warning ]
Ce continuum est un leurre – un trompe-l’esprit.
Pour vous en souvenir cherchez l’encodé : décodez.
Pour vous en rendre compte, sentez votre corps. Palpez.
[ warning ]
Résistez : ne traduisez pas votre personnalité en séquences binaires, ne vous transformez pas en avatar chiffré, ne vous laissez pas encoder ! Décodez : cherchez le sens.
Ne vous fondez pas dans la transe du bit techno-hard-industrial-hop 1-0
[ warning]
Type de document : DJ's classes : classes générales
Auteur fictif : Capitaine L
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
Monsieur Virilio nous apprend que les images enregistrées et projetées ne sont pas les descendantes directes de la peinture mais celles de la lumière électrique, que les objectifs et caméras en tout genre ne remplacent pas les pinceaux mais les lunettes : les technologies d’enregistrement et de projection servent à voir, pas à faire semblant.
Comme la lumière montre ce que le noir cache, ces technologies montrent ce que le temps et/ou la distance ne nous permettent pas de voir et d'entendre ; d'une certaine manière elles font comme si le temps et l'espace n'existaient pas et que seuls existaient l'ici, le point où je suis, et la vitesse qui me donne l'image que j'attends.
Je ne bouge plus et tout vient à moi. Je deviens le centre de tout. De tout ? En tout cas pas du réel, le réel qui prend forme dans le relief. Je deviens le centre d'un imaginaire qui habite la surface plate des écrans.
(remix 47)
Type de document : chants des griots
Auteur fictif : Anonyme
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun