Nous marchions vers un but, mais nous n’avions pas le loisir de demander lequel ; nous savions seulement que, si nous le manquions, nous étions perdus.
Le désert était imposant et mélancolique ; il semblait vivre et palpiter, et fumer jusque dans ses entrailles. La transition avait été rapide et singulière ; ce n’était plus l’oasis de la veille, le repos au pied des palmiers, le sommeil rafraîchi par le bruit murmurant de la fontaine ; c’était le sable enflammé, c’étaient les secousses du rude dromadaire, la soif dévorante, inhumaine, insensée ; la soif qui fait bouillir le sang, fascine les yeux, et montre au malheureux qu’elle brûle des lacs, des îles, des arbres, des fontaines, de l’ombre et de l’eau.
Je ne sais s’il en était des autres comme de moi ; mais j’étais en proie à une véritable folie, à un rêve, à un délire sans fin, qui se ployait à tous les dévergondages de mon imagination.
Zone Climatique des Rois I — jour 30
Type de document : journaux de bord
Auteur fictif : Sgarideni
Auteur réel : Alexandre Dumas
Provenance du texte : Remix
Référence : Quinze jours au Sinaï. 1839
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
La littérature virtuelle ne désigne pas, comme on pourrait le croire, des livres qui sont lus sur des écrans.
La littérature virtuelle désigne des récits conçus pour exister sous différentes formes.
Des récits qui peuvent être tout à la fois
- des livres imprimés traditionnels ;
- des livres électroniques interactifs (hypertextes) ;
- des installations (labyrinthes, livres urbains ou citéLivres, expositions multi-supports ;
- des jeux dispersants ou "pervasive gaming" (des jeux à cheval entre la réalité et Internet).
Le livre devient virtuel parce qu’il peut virtuellement s’incarner sur n’importe quel support. Il n’est pas virtuel parce qu’il a quitté l’espace du papier et du palpable pour se réfugier dans un écran.
Mais, la notion de livre virtuel renvoie également à une deuxième caractéristique : les textes d’un livre virtuel peuvent être lus dans n’importe quel ordre. Il n’y a pas de début, pas de fin, pas de chronologie. De même, il n’est pas nécessaire de lire tous les textes. On peut lire un texte, dix, cent, mille.
Le livre est virtuel car ses textes peuvent - dans leur ordre et dans leur nombre - se prêter à des combinaisons infinies. Il est virtuel parce qu’il est variable et "fractal"