Le terme dispositio est emprunté aux Arts de la Mémoire. Il renvoie aux pratiques de ces prêcheurs-voyageurs qui déambulaient de ville en ville et parlaient à la foule pendant des heures, pendant des jours, ex tempore, sans notes écrites.
Pour construire leurs discours, il devaient puiser dans une « matière » qu’ils avaient transformée en images (imagines) avant de la spatialiser dans un lieu mental (locus) et de pouvoir la convoquer en vue de l’ordonner, de la mettre ensemble (compositio), selon un schéma rationnel (dispositio).
Ce schéma n’était pas un plan de discours, comme en rhétorique, mais une véritable architecture visuelle et spatiale, par exemple une mappemonde, une main, un monastère, une porte du Temple, une tour, un arbre de vie, des ailes de séraphins, etc.
Pour nous - DJ’s des mots, Gangsters Lyriques - le moyen de stockage n’est plus l’image mais la numérisation, le lieu de stockage n’est plus mental mais documentaire (le topos) et l’organisation de la matière stockée ne se fait plus par la compositio mais par modélisation. En revanche, la construction finale (l'actualisation) se fait toujours selon une dispositio.
C’est donc par la dispositio que le topos devient récit variable.
Type de document : DJ's classes : récits variables
Auteur fictif : Arte Miss
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : CL
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
En littérature virtuelle, le remploi ou remix désigne le même mécanisme qu’en musique, c'est-à-dire la récupération ou la transformation de textes qui existent dans un autre contexte.
Mais on peut aussi remixer un personnage, une intrigue, un univers.
Par exemple dans Le Récit des 3 Espaces, un des personnages, Joseph Valet, vient d’un roman de Hermann Hesse ; l’APO, la milice du XIU, vient d’un roman d’Italo Calvino ; la Bibliothèque de Babel vient d’une nouvelle de Borges, etc.
Le remploi ou remix désigne donc deux phénomènes :
1. la récupération de textes qui existent dans un autre contexte ;
2. l’appropriation / le détournement d’éléments narratifs (personnages, intrigues, lieux etc.) qui appartiennent à d’autres "récits".