"Nous ne nous sommes jamais demandé
"Si nous avions rendez-vous sur ce quai.
"Et nous ne nous sommes jamais promis
"Une nouvelle rencontre.
"Ni à sept ans ni à dix
"Ni à trente".
"Nous sommes devenus notre mutuelle errance
"sans aucune préméditation ni tentation.
"Il apparaissait que nous voulions créer l’espace
"sous les pas de nos trajectoires et de nos croisées".
"Classiquement et irrémédiablement, nous recommencions.
"Les harmoniques nocturnes nous attiraient dans les replis les plus simples
"de la ville.
"Passion des trottoirs et des corniches,
"des pierres et du bitume.
"Parfois nous marchions pendant des mois sans nous voir,
"parfois nous ne bougions plus, sans questionner ces états
"qui nous arrachaient à notre obsession citadine".
"Ensemble nous portions regards et paroles
"sans les inscrire,
"les scarifier
"ni les scléroser.
"Ensemble nous apprenions les bruits et les effluves
"pour nous les partager":
""Je te donne le crépitement de cette brève ondée d’été sur la gouttière.
"Je te donne l'odeur des pots de géraniums mouillés.
"Lesquels ?
"Ceux de la concierge."
"Alors je prends aussi le vent qui rafraîchit l’épaule.
"Vas-y, moi je n’ai pas chaud de toutes les façons.
"Oh, non ! Tiens ! En voilà un autre, comme ça on en a un chacun !
"Han ! Là tu triches ! C’est pas du vent ! C’est toi qui souffle ...""
"Nous nous séparions quand nous avions vidé notre réserve d'images.
"Nous nous séparions quand nous avions reconstruit notre courage
"d'être sans l'autre,
""d'être sans toi.""
"Nous nous retrouvions quand nous ne l'attendions plus.
""Me cherchais-tu ?
"Je ne sais pas"".
"Nous ne parlions que de nos parcours.
"Jamais de nos stations.
"Nous nous taisions aussi.
"Beaucoup.
""Me cherchais-tu ?
"Pourquoi ?""
"Nous nous sommes vus et entendus,
"Sur le quai de Conti
"La première fois
""Tu dormais par terre
"Tu étais là"".
( Loula et p’tit Gars se souviennent : )
Type de document : minutes des mémoires absolues
Auteur fictif : Les Greffiers
Auteur réel : Carole Lipsyc
Provenance du texte : Noyau liminaire
Commentaires : aucun
Textes satellites : aucun
En Occident, au début du Moyen Age, les Adeptes décidèrent de recruter leurs pairs parmi une élite sociale et intellectuelle et de ne plus attendre que des postulants au Voyage viennent à eux, poussés par un appel mystérieux.
Ils focalisèrent dès lors leurs travaux sur la création de vortex artificiels, mécaniques ou alchimiques et développèrent une science occulte : l’œuvre. A notre époque, l’œuvre se poursuit dans les laboratoires de génétique et de cybernétique.
Pour mener à bien leur œuvre, les Adeptes fondèrent l’Ordre Secret des Joueurs des Perles de Verre, ordre dirigé par un Magister Supremus.
Cet Ordre devint de plus en plus puissant, élargissant ses alliances aux Adeptes de tous les continents et cherchant à affaiblir, partout où il le pouvait, l’influence des Nomades.
Au XXème siècle, l’Ordre des Joueurs donna naissance au XIU qui gouverne aujourd’hui les Arts et Métiers au niveau planétaire.
Le XIU se partage en deux organisations : l’institution officielle des Arts et Métiers et l’Ordre Secrets des Joueurs.